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[Le Théâtre et vous] THOMAS PSC - TPN44 (Promo 2021)

"Le Théâtre et vous" est un tour d'horizon des jeunes comédien-ne-s dans leur dernière année de formation, en partenariat avec le Théâtre école de la Rue de Belleville - Nantes. L'aventure continue cette année. Les portraits vont se succéder pour annoncer les présentations de projets de fin d'études à voir au théâtre dont vous trouverez le programme dans l'article ci dessous:

PRESENTATION DES PROJETS DE FIN DE FORMATION

Aujourd'hui, nous accueillons THOMAS PSC que vous pourrez voir, notamment, dans "Bleu" (qu'il a écrit lui-même) les 4 et 5 juin à 19h, "La peau d'Elisa" les 9 et 10 juin à 19h et "Comment retenir sa respiration" les 11 et 12 juin à 20h30...


THOMAS PSC et MANON DIXNEUF. Photo: Laura Dixneuf (C)

Comment le théâtre est-il entré dans ta vie? Quel est ton premier souvenir de

spectateur?


Mon premier souvenir de théâtre n’est pas en tant que spectateur mais bien en tant que comédien. Une pièce montée lors d’un atelier théâtre en primaire dans lequel j’incarnais un régisseur avec tout son attirail et son casque jaune. A la fin de la pièce, l’intervenante en charge de notre groupe m’interpelle sur scène alors que je suis encore en jeu, pensant que la pièce était finie. Sans me démonter je lui fais la remarque qu’il me reste encore une réplique. Je finis donc de dire mon texte, micro à la main. Je ne saurai pas dire quel âge j’avais lors de ce souvenir, mais depuis j’ai toujours bien plus apprécié faire du théâtre que du sport (long sujet de débat avec mes parents). Mais c’est avant tout à ma mère que je dois cet amour pour le théâtre. Elle en faisait en amateur à cette époque et j’ai hérité de son côté artistique.


Quand as-tu pris conscience que tu voulais en faire ton métier? Quel

sentiment domine quand tu es sur scène?

LATETITIA GODIN et THOMAS PSC. Photo: Laure Dixneuf (C)
LAETITIA GODIN et THOMAS PSC. Photo: Laura Dixneuf (C)

Décider que je ferais du théâtre mon métier ne fut pas simple. Il était évident que je ne pouvais pas me passer du théâtre dans ma vie. Mais pendant toute une période cela me paraissait « risqué » d’en arriver à devoir vivre de ma passion. J’avais peur que ça m’en dégoute. Et il y a de cela 3 ans, c’est-à-dire avant de rentrer au TPN, j’ai tout simplement accepté le fait que j’avais envie de raconter des histoires, de monter sur scène et d’incarner des personnages. Et que je voulais m’y consacrer à plein temps ! C’est assez drôle à dire mais il y a ce côté un peu magique des planches d’une scène de théâtre, cet aspect un peu sacré. Je ne me suis jamais senti aussi bien que sur ces planches. J’en arrive même à penser qu’en clouer quelques-unes sous mes semelles aurait sur moi un effet antidépresseur.


Le sentiment que je ressens sur scène varie forcément avec le personnage qui m’y accompagne, mais globalement c’est toujours une force, plus qu’un sentiment d’ailleurs, de plaisir.


Dans quelle mesure le théâtre a-t-il contribué à ton épanouissement personnel

et y contribue-t-il encore?


C’est dans la continuité de la réponse précédente mais être sur scène me fait vraiment me sentir à ma place. Avant d’entrer au TPN, je faisais des études en psychologie. Mais au-delà de ça, je ne savais surtout pas ce que je voulais faire concrètement. Mes années en fac de psycho m’ont aidé à mieux me comprendre et mieux comprendre les autres mais c’est réellement avec le théâtre que j’applique ces connaissances. Au service des personnages, de comment les incarner ou vis-à-vis des partenaires de jeu. Le théâtre me permet de m’épanouir parce que je fais réellement ce qui me plait, mais aussi parce que cela m’offre l’occasion d’en faire bien plus. Ecrire, mettre en scène et découvrir tous ces métiers qui gravitent autour de celui de comédien. Être comédien c’est travailler sur l’humain, autrement dit l’empathie. Et je trouve qu’il y a quelque chose d’à la fois tellement humble et de si fort dans cette relation que le comédien crée avec le personnage. C’est se mettre à son service pour le projet, mais aussi qu’il (le personnage) en fasse de même à son tour pour nous en apprendre plus sur les autres et sur nous-même. Les quelques textes que j’ai pu écrire pour le théâtre, et notamment « Bleu » pour ne citer que lui, m’ont permis de me confier/me livrer sur certains sujets que je n’aborde pas en temps normal.


Qu'est ce qui a été le plus important pour toi pendant les 3 années du TPN? Ton

regard sur le métier de comédien a-t-il changé (si oui comment)?

THOMAS PSC. Photo: Laura Dixneuf (C)

Avant d’arriver au TPN, je « faisais » déjà du théâtre en amateur ou en atelier depuis le primaire. Et je n’arrivais plus à voir dans quelle direction évoluer. Le TPN m’a permis de prendre conscience de tout le chemin qu’il me reste à parcourir. Les rencontres que j’ai pu y faire, et surtout avec les membres de ma promo, m’ont redonné une énergie qui me pousse constamment à m’investir et à poursuivre mes efforts au sein des projets et dans la création.


Mon regard sur le métier de comédien a surtout évolué en expérimentant la réalité de celui-ci : les aspects administratifs, comment gérer la façon de travailler des autres membres de l’équipe, l’organisation de chaque projet, etc… Mais aucun de ces « aspects » du métier ne m’ont surpris. Encore une fois, c’est la REALITE d’un METIER qui se base sur l’HUMAIN. Ne croire qu’il ne s’agit que de créer et de s’amuser sur scène est un mirage. Au contraire, il vaut mieux intégrer cette réalité au plus vite pour apprendre à la gérer dans tous les cas et que cela ne devienne plus une entrave à la création et à l’amusement.


Quels sont tes espoirs, quelles sont tes peurs - notamment dans la situation très

particulière actuelle ?


Il est de notre devoir de ne pas laisser mourir la culture et j’ai grand espoir qu’elle ressorte

de cette dure épreuve plus forte et plus belle que jamais. J’ai espoir que nos projets qui sortiront en Juin fonctionnent et j’ai espoir d’avoir l’occasion de travailler, re-travailler avec les membres de ma promo sur d’autres créations. Mais en toute honnêteté, j’ai aussi peur qu’au vu de la situation actuelle le sort des nouveaux venus comme nous se joue sur un coup de poker, indépendant de tous les efforts que l’on pourrait fournir.


Un mot de conclusion?


Je me dis que ces réponses sont peut-être déjà bien longues… Autant aller jusqu’au bout ! Je ne sais pas vraiment ce que je pourrais dire comme conclusion alors je propose de vous partager un autre souvenir qui fait écho à celui de la première question. J’étais au collège et le théâtre était déjà l’endroit où je me sentais le mieux. Je m’y sentais en confiance, je savais ce que j’avais à faire et, surtout, j’aimais ça.


---Noir.

THOMAS PSC. Photo: Kharô Larour (C)

Les immenses rideaux du théâtre municipal nous séparent du public. Mais ils ne font

pas barrages au brouhaha que celui-ci émet. Mes partenaires sont ailleurs, ils répètent leur

texte ou hyper-ventilent, au choix. Des estrades sont empilées juste là, pour le récital de

musique juste après. C’est allongé sur eux que j’attends le début de la représentation. Je

chantonne, je m’amuse à compter le nombre de projecteurs au plafond.


« Thomas ? »


Tiens, on m’appelle.


« Thomas… T’es mort ? »

« Non. »

« Ah… T’es pas stressé ? »

« Non plus. »

« Ah… Comment tu fais ?... Bon on commence. »


Je me redresse, me positionne en coulisse, tape de la pointe des pieds contre les planches.

Deux coups pour chaque pieds. Je m’apprête à y aller.

Lumières. J’avance. Le public de son énorme œil lumineux m’observe.

Je suis le 1er ministre, en tenue de fonction. J’apporte une nouvelle de la plus haute importance : un ordre d’évacuation. Je jette un regard à droite, à gauche, nous sommes sur le toit d’un immeuble, le vent souffle fort.

Soudain je l’aperçois.

« Mr le Président, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. »


THOMAS PSC. Photo: Laura Dixneuf (C)

Tes auteurs préférés: Anton Tchekhov (et ce ne sont pas ceux de ma promo qui vous diront le contraire)

Tes comédiens préférés: Alexandre Astier (dans son travail sur scène, mais aussi en

dehors de celle-ci : écriture, composition, etc…)

Ton livre de chevet: Au vu de la réponse pour l’auteur je pourrais citer « Les méfaits du tabac ». Mais la réalité serait plutôt un bon livre de S.F. ou un Comics (Watchmen, Fables ou encore un bon vieux Batman). De vous à moi, j’aimerai bien trouver un texte ou une pièce dans ce genre à partager avec un public un jour. Se faire rencontrer les deux univers qui comptent le plus dans ma vie.


THOMAS PSC


"Le Théâtre et vous",

auto-portraits d'élèves comédiens

[A SUIVRE!]


NB: les auditions du TPN pour constituer la prochaine Promo commencent Mardi 30 juin 2021. Vous pouvez prendre contact avec la très sympathique équipe par téléphone (02 40 69 62 20), mail (theatrepopulairenantais@gmail.com) ou via le site: www.tpn44.fr




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