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[Rencontre] Romain RB, l’incroyable chorégraphe de la RB Dance Company!

Tout est allé très vite. Dimanche dernier, je découvre ce qu’on appelle une claque... Regardez plutôt:

“Papaoutai” par la RB Dance Company https://www.youtube.com/watch?v=BVIMUXV640g

Aussitôt, je prends contact avec Romain Rachline de la RB Dance Company, à l’origine de ce fabuleux projet... Nous discutons sur internet et convenons d’un rendez-vous téléphonique. Entre temps tombe le passage du projet à La France a un incroyable talent, la sélection de la Cie pour la demie-finale et nous réussissons à nous parler le 8/11 dans l’après-midi... L’échange qui suit est donc tout frais! Bonne lecture


La RB Dance Company. Photo: Florian Cleret (c)



Présentation “officielle” en guise d’introduction:


Après s’être formé à Alvin Ailey, Romain R.B se produit à New York au sein de la compagnie moderne 360º DANCE COMPANY et dans plusieurs comédies musicales : “A Chorus Line”, “Hairspray”, “Jack’s Back (off off B’way)” puis à travers les États Unis notamment dans “Cats”, “Anything Goes”, “Singin’ In The Rain”, “Seven Brides for Seven Brothers”, “Thoroughly Modern Millie”, “The Buddy Holly Story” (tournée nationale). En parallèle de son parcours de danseur, il écrit de la musique et notamment celle des courts métrages 12 rue Matisse et Je suis un vieux refrain. En 2014, il revient en France pour se produire à Mogador dans “Le Bal Des Vampires” puis “Singin’ In The Rain” et “42nd Street” au théâtre du Châtelet. En 2016, il chorégraphie la cérémonie du Champs-Élysées Film Festival. Cette année-là, il fonde également la structure d’enseignement ESPAS - Danse. Ses parcours de danseur et musiciens convergent avec le spectacle “À Cuba Libre” dont il est le compositeur/parolier et chorégraphe. Il est également chorégraphe pour Disneyland Paris. Il fonde en 2018 la RB Dance Company...


Bonjour Romain. Quel talent, quelle énergie! Bravo... Peux-tu me raconter qui tu es stp. D'abord, d'où viens-tu ?


Bonjour Philippe. Je suis parisien... Je suis parti en danse étude à Cannes après le Collège. J'ai donc quitté Paris à 16 ans pour me former au Centre International de Danse Rosella Hightower PNSD.


Qu'est-ce qui t'a amené à la danse et aux claquettes en particulier?

J'étais très admiratif de Gene Kelly quand j'étais petit. C'est grâce à lui que j'ai commencé les claquettes à 10 ans. Puis je me suis mis au jazz et enfin au classique. J’y ai pris gout au point de vouloir me former professionnellement. J’ai donc passé deux ans au Centre International de Danse Rosella Hightower, qui est très axé sur le classique. Je suis revenu progressivement au jazz aux Etats-Unis après le bac en intégrant l’école de Alvin Ailey American Dance Theater de New York. Et puis, du moderne, je suis retourné vers les claquettes et la Comédie musicale. J'ai eu un visa d'artiste sponsorisé par une compagnie de comédies musicales en 2012 avec laquelle j’ai fait une quinzaine de spectacle avant de revenir en France.


Les claquettes et Gene Kelly, c'est un film en particulier ?


“Chantons sous la pluie” est évidemment une grosse référence pour moi, mais j'en ai vu pas mal d'autres. “Escale à Hollywood”, un autre de ses films, est génial aussi. Il y a plein de pépites en fait. C'est vraiment une grosse inspiration pour moi. Il est à l'origine de tout.


Quel est le plaisir particulier des claquettes ?


L'accord entre la musique et la danse. Bien avant la danse, j'ai commencé par la musique : je me suis mis au violoncelle à 4 ans. Puis au piano, à la guitare, aux percussions. La musique a toujours été importante pour moi. Les claquettes, c'est vraiment la synthèse de la musique et de la danse. Il y a quelque chose d'exaltant dans le fait de créer des motifs rythmiques avec le mouvement. C'est très complet comme Art.


Parce qu'il y a le corps, la danse, la rythmique...


En fait c’est un jeu. La danse est un jeu avec l’espace et le poids, mais avec les claquettes, on joue aussi musicalement avec ou contre la musique sur laquelle on danse. Il y a vraiment quelque chose de très riche et complètement multi-directionnel. C'est un terrain de jeu hyper vaste.


Quand tu composes de la musique, imagines-tu déjà les claquettes avec?

“A Cuba Libre”. Photo: Nathalie Robin (c)

Pas forcément des claquettes. Ma formation professionnelle a été vraiment moderne et classique, les claquettes ne sont donc pas mon unique axe de travail. J'ai composé la musique d'un spectacle qui s'appelle “A Cuba Libre”, dont je suis aussi le chorégraphe. Pour ce spectacle, j'ai écrit la musique en imaginant les chorégraphies. J'étais en totale liberté. J’ai conçu la musique avec en tête la dynamique du corps, des idées de mouvement, de mise en scène. C’est un plaisir encore plus fort. Dans le cas d’À Cuba Libre, il n’y avait pas de claquettes, mais, je pense que je serai prochainement amené à composer pour elles!


Vu ce qui est en train de se passer, effectivement ! Et donc ce qui nous amène à nous parler, c'est cette extraordinaire version claquette de “Papaoutai”. C'est un travail de combien de temps ?


Ce projet est parti d'une amitié avec Pablo Pena. On discutait de monter quelque chose ensemble, de faire une vidéo et on est parti sur “Papaoutai” parce que c’est une musique actuelle, avec un texte intelligent et francophone. Entre le moment où on l'a pensé et celui où on l'a fait, je pense qu'il y a eu un an et demi en vérité. Le temps de concevoir, répéter, en bossant tous les deux à côté… En fin de processus, on a du répéter sur deux mois avec les danseurs, plusieurs fois par semaine. Et le tournage a duré un jour et demi.


Une chorégraphie comme ça s'imagine comment ?


Il y a plusieurs paramètres. La chorégraphie de la vidéo “Papaoutai” a vraiment été créée pour la caméra. Ça n'est pas du tout la même chose que pour du live. Les gros plans permettent une proximité que la scène exclut. C’est un paramètre essentiel dans la conception de la chorégraphie.


Tu as été baigné par Gene Kelly, notamment par ses films, et tu as la capacité d'imaginer assez rapidement tes chorégraphies en images ?


Oui, c'est très présent dans le processus de création de penser à l'image. Avec la caméra on peut faire tellement de choses. A partir du moment où la chorégraphie est synchro, c'est assez facile d'avoir un beau rendu. Ce qui fait la différence, c'est l’univers qu’on propose. Il faut une identité très claire. C'est ce qu'on a essayé de faire avec cette arène de lumière en contre, ces costumes sobres et élégants. On a utilisé du talc pour donner une densité à la lumière, il y a beaucoup de plans rapprochés en caméra embarquée. Pour moi c'est hyper important de prendre en compte le média par lequel va être vue la chorégraphie. Par exemple, la chorégraphie qui a été faite pour « Incroyable talent » n'est pas du tout celle de la vidéo car je savais qu’on n’aurait aucune maîtrise sur le montage donc il fallait que ça fonctionne indépendamment de l’angle de vue.


Ok. La RB Dance company, c'est tout nouveau ? C'est quoi ?

La RB Dance Company. Photo: Florian Cleret (c)

Elle a été créée en Juin dernier. J’en suis le chorégraphe et Manon Bianchi, la productrice exécutive. C'est une compagnie qui a été créée justement pour travailler sur cette modernisation des claquettes et sur la fusion entre les claquettes et le jazz. Mon style de jazz est assez urbain, à la croisée du jazz, du street et du contemporain. À la base, il y a vraiment cette volonté d’avoir des claquettes plus visuelles, plus modernes, qui soient ancrées dans notre époque avec des musiques d’aujourd'hui. Celle aussi de remettre cette discipline sur le devant de la scène, de se balader entre les styles et aussi d'avoir une danse narrative. Ce n'est pas le cas pour “Papaoutai” dans lequel il me manque cette dimension narrative d’ailleurs. J'aime bien quand il y a quelque chose de très contextualisé avec un univers très défini. C'est un peu plus le cas déjà sur le tableau du prochain show d'Incroyable talent, pour la demi-finale.


Quels sont vos projets ? Si tu créés cette compagnie, c'est pour aller vers un spectacle ?


Oui. Nous avons plusieurs projets. La compagnie fait de l’évènementiel, c’est un domaine qu’on cherche à développer. Éventuellement des premières parties de spectacles aussi en proposant des chorégraphies existantes, comme “Papaoutai”. Et puis il y a le spectacle “Stories” qui verra le jour dans les mois qui viennent.


Tu peux me parler de l'histoire ?


Pour l’instant, je ne la dévoile pas. Le spectacle est complètement narratif du début à la fin et oscille entre des moments très figuratifs et réalistes et des choses plus oniriques. En terme d’univers, on est dans quelque chose d’à la fois moderne et intemporel. Je suis très attaché aux années 40 dans certaines lignes mais j’aime qu’on ne puisse pas vraiment savoir où et quand l’histoire se déroule. Il y aura du groupe, des passages collectifs puissants, des choses plus intimes aussi. 15 danseurs sur scène. C’est un gros morceau à créer.


Quelque chose à rajouter ?


A la base je ne devais pas danser dans la Cie, seulement chorégraphier et produire. Je me suis retrouvé sur scène pour « Incroyable Talent » pour pouvoir présenter et représenter la compagnie. Du coup, on est en train de se questionner sur ma présence en tant que danseur dans la Cie ou pas... En terme de travail, c'est compliqué d'être à la fois sur scène et derrière, j'essaie d’éviter la double casquette. D’ailleurs sur “Incroyable Talent”, c'est vraiment difficile pour moi de gérer ça. C'est en cours de réflexion.


Vous donnez des cours à côté ?

Oui. Il y a deux structures : RB Production qui produit la « RB Dance Company » et « ESPAS - Danse », que j'ai fondée il y a un an et demi. ESPAS Danse propose un training danse orienté pour les professionnels de la scène, chanteurs, comédiens, danseurs. On propose une 20aine d'heures de cours par semaine, une partie des profs danse dans la Cie. Ce sont des cours proposés à Paris, 8 impasse Druinot vers Bastille. Toute l'année, hors vacances scolaires, il y a des cours chaque jour et la moitié des cours est dédiée aux claquettes.


Propos recueillis par #PG9


Romain RB, RB Dance Company. Photo: Florian Cléret (c)




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