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[Rencontre] Julien Berteaux. “Momo”, “Après la Pluie”, “l’Arnaque”: 3 groupes, une passion

Les baroudeurs de la chanson sont là. Vivants, présents, avec leurs mots et leurs guitares, arpentant les bars la poésie au bout de leurs doigts et le sourire pour illuminer leur voix. Momo fait partie d’une famille fraternelle qui se forme parfois autour de la musique, autour du plaisir d’être et de chanter ensemble en toute simplicité. Vendredi 16 Novembre, avec son complice de toujours RIMO, ils présenteront un double aboutissement pour leur duo L'Arnaque: un clip et un nouveau spectacle, mis en scène par Philippe Chasseloup. Mais, ce n’est pas tout! Pendant ce temps-là, “Après La Pluie” (ALPmusique), qu’il mène avec Nathan Dallerac et Thomas Long, avance et les concerts en solo reprennent... Bref, les voyages musicaux continuent! Si vous avez envie de partir avec Julien Berteaux (c’est son vrai nom) et sa bande... Bonne lecture



Bonjour Momo. Avec votre nouveau clip et internet, les portes de l'international s'ouvrent à vous ! Il en est où ? fini ou pas?


Bonjour Philippe. Le clip pour “L'Arnaque” est en fin de montage. Début de semaine prochaine, on devrait avoir le visionnage pour nous et on fera notre sortie le 16 Novembre à la Maison De Quartier Doulon (Nantes).


Vous avez tourné quand et quoi ?

On a tourné mi-octobre, en une journée bien dense. On a préparé le bar la veille, on a commencé à 8h et fini à 18h. C'était un peu la course, il fallait que le lieu rouvre au public... Mais on avait une super équipe qui a fait du super boulot. Le titre, c’est “C'est quoi l'Arnaque”. Tout se passe dans un bar, en l'occurrence, le L' Art Scène - Nantes. Vu que c'est notre QG depuis des années, le choix du lieu est venu naturellement et ça collait aussi avec le décor qu'on avait en tête. Lequel a inspiré l'autre, je ne sais pas ! Ca s'est magnifiquement passé, même les petits changements de dernière minute. On avait une bonne étoile avec nous, tout s'est enchaîné à merveille. On a fait un petit peu à l'envers de d'habitude. D'habitude, on fait l’album et puis, de l’album, éventuellement on fait des clips ou des vidéos. Là, on a fait 5 titres uniquement pour faire des clips. Quand on a enregistré avec Benoît Gautier, on savait que ce serait des clips et pas un album. Du coup, il n'y aura pas de sortie CD. Le but est vraiment de faire des vidéos.


Et de la scène aussi évidemment ?


Oui. On n'a pas recomposé depuis environ un an, ce sont des chansons qui tournent déjà. Quand on a enregistré, on n'a pas fait la version 2 guitares, 2 voix. On a essayé de réfléchir à un scénario, un visuel, une ambiance. Du coup, il n'y a pas de guitare du tout. C'est tout en a capella acoustique avec des bruits de capsules, de bouchons qui viennent faire la rythmique un peu hip hop... Plein de petites voix derrière pour faire la mélodie. On s'est marrés avec l'image qu'on avait en tête du clip. Ca transforme pas mal le morceau.


Vous avez scénarisé la chanson...

Oui, ça a vraiment été fait dans ce sens là. Pour rendre le projet intéressant, on a poussé le truc à fond avec ce qu’on avait en tête. On a d'abord pensé à un scénario. Après, on a bossé avec Benoît Gautier, notre ingé son, sur les morceaux, parce que c'est une mine d'idées, il est très ouvert, très à l'écoute, c'est assez génial de bosser avec lui. Thibault, le réalisateur du clip, on l'a rencontré il y a quelques mois. On avait chanté pour une association à la Chapelle Sur Erdre, Lez’arts au Jardin, un jardin participatif. Il en fait partie, on avait sympathisé. Il est dans la vidéo depuis des années et, comme tous les réalisateurs, il aime bien de temps en temps faire un pas de côté pour des projets comme le nôtre où il se lâche un peu. Il a fait appel à un copain puis 2 puis 3, ils se sont retrouvés à une petite équipe que le projet intéressait et qui nous connaissait un peu. On a eu plein de gens super autour de nous, bien motivés, qui nous ont bien guidé, parce qu’ils connaissent bien cet univers particulier. Nous, au niveau visuel, on n'a pas forcément énormément de bagages. C'est une belle expérience et on a envie de continuer.


Les autres clips sont prévus dans la foulée ? Vous attendez un peu ?


On va attendre un peu. On aimerait bien enchaîner les 4 autres régulièrement, mais il va y avoir deux questions: le budget, d'abord. Il va falloir pouvoir mettre des billes dedans, parce que, contrairement à un album, on ne peut pas vendre. On n'a donc pas de ressources là-dessus. On va faire des demandes de subventions par la SACEM, par exemple, il y a des aides qui existent. Et puis, à chaque fois, on va mettre un peu d'argent de côté après les spectacles. L'autre truc, c'est l'organisation, parce que c'est beaucoup de travail de prévoir un clip. On respire avant d'y retourner. Mais, on a déjà l'idée du projet: ça va se tourner pas mal sur écran vert avec des insertions d’images.


Quels sont vos prochains concerts avec l’Arnaque ?

Le prochain c'est le 16/11, donc. On va diffuser le clip sur écran géant en exclusivité 1ère live pour les personnes qui seront là. Ca sera, en même temps, notre concert de sortie de résidence. Parce que, juste avant de faire le clip, on a travaillé 3 jours avec le metteur en scène Philippe Chasseloup. Sacré boulot, super bonhomme avec qui on a tout de suite sympathisé. Mêmes envies, mêmes idées. Il n'y a pas eu de temps d'adoption, on a tout de suite bien bossé.


Vous avez théâtralisé la mise en scène ?


Oui, c'était autour de ça. Théâtraliser, pousser les personnages qu'on avait déjà imaginés parce que ça fait presque 3 ans qu'on a commencé le projet. Petit à petit, on a développé des entres chansons, des personnages, avec leurs costumes. On avait déjà une bonne base. Mais il manquait un regard extérieur et toutes ces petites choses qui ne s'inventent pas, qui viennent plutôt du théâtre et qui donnent une autre gueule au projet. Passer du concert au spectacle.


Vous avez d'autres dates après ?


On a Le Café Rouge Mécanique le 1er décembre, un concert de soutien pour une association le 8/12 à Saint-Lumine de Clisson. Après, à partir de Janvier, ça se remplit. Tout sera sur le facebook.


D'accord. Donc, ça c'est pour “L'Arnaque”, que tu fais avec Rimo. Mais il y a aussi “Après la pluie”. Quelle est la différence entre les deux, d'abord ?


Grande! Pour “l'Arnaque”, on s'est retrouvés avec Rimo sur l’idée que la chanson de café qu'on écoutait dans les années 2000 nous manquait. On allait dans un bar, on écoutait de la chanson festive, on passait une bonne soirée à se marrer. On est partis de ce constat-là et on a monté le projet dans cet esprit. “Après la Pluie” est complètement l'opposé. J'ai fait une intervention en lycée où je demandais aux élèves : c'est quoi pour vous la chanson française ? Et on n'allait pas au delà des années 2.000 - 2.005. Au mieux, on arrivait à Stromae, mais en dehors de lui, je n'avais aucun nom qui avait moins de 20 ans. On allait même vers France Gall et Johnny Halliday. Donc, les jeunes de 16-17 ans, si tu dis “Chanson Française”, ça ne leur évoque rien de récent et de moderne.


“Après la Pluie”, c’est l’idée d'explorer, d'aller voir ailleurs, de se dire qu'on n'est pas obligés de chanter en anglais ou en langue étrangère pour faire quelque chose qui groove et qui sonne. Le français a sa mélodie. C'est moins facile d'accès que l'anglais, qui déjà, en parlant, a des accents toniques et une mélodie rien que dans le parlé, mais le français a d'autres accents à mettre en avant. Ca fait des années que je pratique et adore cette langue. On a cherché une nouvelle façon d’écrire et musicalement, c'était aussi une envie de se renouveler. Je me suis mis à la guitare électrique, je n'en avais jamais fait, c'est un univers qui s'ouvre à moi. Thomas, qui était plutôt guitariste, mais pianiste de formation, s'est remis au clavier. Ca lui ouvre tout un univers de sons à expérimenter. Et Nathan, même s'il reste à la batterie, il a lui aussi des rythmes nouveaux à aller chercher, d'autres esthétiques. On s'est tous retrouvés un peu dans le vide avec une envie commune. On voulait voir ce que ça donne. Et ça donne plutôt bien.


Tu en parles très bien. Le projet existe depuis combien de temps ?


Les deux projets sont nés à peu près en même temps, donc ils ont près de 3 ans. Notre tout premier concert “Après la Pluie”, c'était 4 morceaux début janvier 2017. Aujourd’hui, on arrive à 1h15-30 de concert.



Où est-ce qu'on peut vous voir prochainement ?


Là, pour ton papier, ça va être un peu court puisque c'est ce Dimanche, le 11/11, et sinon, ça va être sur le Festival Chant'Appart.


Tu as donc ces deux projets. Quant à Momo lui même, que devient-il ?


J'ai mis le temps, mais là j'ai repris des concerts en solo, sachant que je n'avais pas joué pendant à peu près 2 ans, le temps que les 2 autres projets se forment et aient leur identité. J'ai joué pour la Fête de la Musique à la Roche Sur Yon pour dépanner une asso chanson et je me suis fait plutôt plaisir. En étant tout seul, j'ai développé les choses autrement. J’ai incorporé des textes que j'avais commencés, sur lesquels je n'avais pas forcément mis de musique ou je me suis baladé selon mes envies, en reprenant mes morceaux et les réarrangeant aussi. J'ai cherché un peu pas mal de chose et je pense avoir trouvé vraiment ce que je veux mettre dans chaque projet. Donc, pour le coup, je relance Momo en solo en mode assez intimiste, dans des petits lieux et dans le partage. Je me suis fait bien bien plaisir au Bar Mon Oncle la semaine dernière où j'ai refait une date. Ca s'est très bien passé. J’ai envie de continuer dans cette veine là. D'incorporer des textes, de pas forcément faire toujours les mêmes arrangements selon les scènes.


Tu savoures une certaine liberté ?

Oui, de la liberté et de la discussion. Les chansons sur Momo ca a toujours été un peu ça, des réflexions personnelles, des petits bouts de philosophie on va dire. Le fait de les faire tout seul, ça permet aussi un échange. Ca permet d'avoir un retour des gens, de discuter plus ou moins, ça reste un concert, bien sûr, mais je l'aborde autrement. Il y a toujours eu cette différence entre jouer tout seul et jouer en groupe: quand tu joues en groupe, tu te reposes toujours un peu sur tes musiciens et tu partages avec les gens. Quand tu es tout seul, si tu ne réussis pas à choper le public, ça devient vraiment compliqué. Il faut vraiment jouer avec sinon, tu passes un très mauvais moment!


Un mot pour décrire chaque projet ?


“L'Arnaque”, on va dire joie de vivre ou légèreté. Pour “Après la Pluie”, le maître mot, c’est poésie. Et “Momo”, c’est de l’échange.


Un mot de conclusion sur ta vision de la chanson, de la vie dans les bars ? Tes envies?

J'étais un peu quand on a commencé à monter “Après la pluie”, comme je t'ai dit, j'étais un peu inquiet pour la chanson, j’avais l’impression qu’elle disparaissait. Je n'entendais pas d'écriture qui m'intéressait, et là, je vois beaucoup de choses sont en train de renaître. Donc, je suis plutôt optimiste. Comme d'habitude, il y a des courants et des modes et je pense qu'on est en train de revenir dans de belles écritures...


Dont vous faites partie ! Qui écrit pour “Après la Pluie” ?


C'est moi tout seul. Thomas et Nathan sont plutôt aux arrangements...


Propos recueillis par #PG9



www.apres-la-pluie.com





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