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[Pourquoi Slamez-vous?] Coupe de la Ligue Slam 2019: Loris, Marseille

Slameuse/ Slameur: Loris Equipe de: Marseille


Loris à la Nuit du Slam - Avignon © LezarnumeriK - Alain Igonet

Pourquoi Slamez-vous?

Enquête auprès des slameurs sélectionnés pour la Coupe de la Ligue Slam de France 2019 www.ligueslamdefrance.fr


Enchanté Loris. 1ère question. Comment as-tu rencontré le slam ?


Bonjour Philippe ! Le slam... C'est un domaine que j'ai rencontré quand j'étais petit. Quand j'étais avec ma mère, on avait tendance à souvent écouter des disques de Grand Corps Malade dans la voiture. C'était un peu la base. C'est là que j'ai commencé à m'intéresser au texte. J'ai continué à nourrir l’amour des mots en faisant du théâtre et puis depuis à peu près 3 ans, j'ai commencé à écrire des textes et c’est progressivement devenu une passion. Quand j'entendais des phrases que je trouvais belles ou qui m'attiraient, je me mettais à écrire en réaction. Et puis j'ai aussi commencé à écouter un peu plus de rap et, de fil en aiguille, j'en suis venu à m'intéresser plus précisément au slam. J'ai commencé à écrire pour le slam, comme pour le rap: j'étais autant intéressé par les mots, jouer avec les mots, que par le rythme. C'est un peu comme ça que ça m'est venu.


Loris. Photo: Marketa Typovska (c)

Tu es à Avignon, si je vois bien sur ton profil Facebook ?


Oui, c'est ça. Là, je fais mes études à Lyon, mais autrement je suis d’Avignon.


Il y a une scène slam à Avignon, tu y vas ?


Il y a des petites scènes ouvertes qui sont organisées de temps en temps: le “Lavomatic Tour”, j'y suis allé 2 – 3 fois, c'était sympa. Il y a aussi “la Nuit du Slam” au Théâtre de l'Oulle. Voilà, mes premières fois. Il n'y a pas non plus énormément de scènes à Avignon. C'est arrivé qu'il y ait des scènes ouvertes de rap organisées par Bob lunette, un groupe du coin.


Ta première scène slam s'est passée où ? Tu t'en souviens ?


C'était à “La Nuit du Slam”, je crois l'année dernière. La première fois.


Tu as assisté et participé ?


Oui.


Comment s'est passé le fait de dire tes mots à toi ?

La Nuit du Slam - Avignon © LezarnumeriK - Alain Igonet

J'ai trouvé ça vraiment, vraiment cool. Parce que, j'avais l'habitude de faire du théâtre et de dire des mots que je n'avais pas écrits mais que je réinterprétais. Déjà, j'aimais beaucoup. Et là, en fait, le fait d'écrire et de montrer aux autres ce que j'ai créé, ça rajoute quelque chose dans le sens où je donne plus à voir ce que j'ai à l'intérieur de moi. Ca a un côté satisfaisant, parce qu'on a passé du temps à produire quelque chose, à être honnête avec soi-même et, du coup, le fait d'être honnête avec les autres, que les autres t'écoutent et te trouvent intéressant, c’est gratifiant. Et puis c'est plaisant d'être sur une scène et que tout le monde t'écoute.


Mais tu dis d'être sur scène et que tout le monde t'écoute comme au théâtre, en fait, la seule différence, c'est ce que tu as dit avant ?


Oui, la différence, c'est que c'est quelque chose que tu as créé toi, qui t'est propre. Tu peux faire passer ce que tu veux dans le slam, ce qui te vient: un message politique ou drôle, si tu as envie de faire rire, tu y vas et tu es toi-même. Il n'y a aucun jugement, contrairement à parfois ce qu'on peut avoir sur des scènes de rap, par exemple, dans un certain cadre ou ce genre de choses, on ne peut pas forcément tout dire. Alors que là, c'est assez libre et ça c'est cool.


Du coup, tu t'exerces sur tout type de sujet? Si quelque chose te fait rigoler, tu y vas, il n'y a pas de problème?


Voilà. Généralement, ma façon d'écrire à moi, c’est: je pars d'une phrase que j'entends, je la développe, ça devient un sujet et je m'amuse avec ça. Si j'entends une phrase qui me fait rire ou si je vis une situation qui me fait rire, je peux partir là dessus. Ou même, si j'entends un jeu de mot et je me dis que ça peut être intéressant d'écrire là-dessus, selon mon état d'esprit ça peut partir sur quelque chose de drôle ou de complètement différent, parfois ça devient un truc plus engagé. J'aime bien voir un peu tous les genres.


Tu aimes aussi écouter les autres ? Qu'est-ce que ça t'apporte d'entendre les autres slamer ?

Je suis en admiration tout le temps! Parce que je suis un petit nouveau là-dedans et puis déjà, ce qui m'a aussi donné envie de commencer et de me produire devant des gens, c'est que j'avais un copain qui avait fait des concours de slam, je le trouve vraiment trop fort et ça m'a donné envie de le faire aussi. Quand je vais à des scènes ou voir des concerts ou des trucs comme ça, le fait d'entendre les gens et de voir à quel point ils arrivent à jouer avec les mots, à faire ressentir certaines émotions, je suis admiratif devant ça et ça me donne envie d'en faire autant, voire mieux. Ce sont des sources d'inspiration constantes.


Ok. On a parlé d'Avignon, mais il me semble avoir compris que tu as été sélectionné à Marseille. Ca veut dire que tu vas aussi sur la scène là-bas ?

Loris. Photo: Gilles Bois (c)

C'est la première fois que je descendais à Marseille pour slamer. Parce que le copain dont j'ai parlé, qui a fait déjà la Ligue Slam en junior et qui l'avait remportée, il vient de Marseille et c'est là-bas qu'avaient lieu les scènes de qualification. Les gens qu'on retrouve sont souvent les mêmes qui viennent quand il y a des scènes à Avignon ou à Aubagne. C'était le plus proche de chez moi. J'avais envie de tenter le coup c'était plus simple d'aller à Marseille.


Bravo ! Parce que du coup, tu as franchi l'étape... Tu disais que ta manière d’écrire, c'est que tu chopais des phrases en fait, des phrases t'inspiraient et tu te mettais à écrire, tu fais ça dans un café, chez toi, en te baladant... Tu écris où et comment ?


Vraiment ça dépend. Des fois, je chope une phrase en regardant la télé sur le canapé je peux écrire un texte ou en allant dans ma chambre. Ou alors, j'ai déjà écrit un texte juste en faisant le trajet de chez moi jusqu'au lycée ou même dans le bus. C'est quand j'ai le temps, que quelque chose me vient et que j'ai envie d'écrire. Il n'y a pas de lieu spécifique à ça.


Tu écris à la main, sur ton téléphone ou tu dictes ?


Généralement, j'écris sur mon téléphone parce que je l'ai toujours sur moi et que comme ça j'ai mes textes à portée de main tout le temps. Des fois, ça arrive que je prenne mon carnet de théâtre pour y noter quelques phrases qui me viennent comme ça.


Est-ce que tu sens qu'il est en train quelque chose en toi ?


Oui. C'est un peu la même chose quand je fais du théâtre, du rap avec des amis ou du slam. Je pense que c'est un peu ce que ressent n'importe quel artiste dans n'importe quel domaine: déjà, on est heureux de faire ce qu'on fait, parce que c'est ce qu'on aime et qu’on a réussi à passer toutes les contraintes pour le montrer. C'est quelque chose qu'on ne ressent pas ailleurs. En plus, au slam, on montre une part de nous, une part de vérité. C'est quelque chose que, même dans une discussion avec un ami, on ne va pas forcément dire. Quand on écrit un texte, on prend le temps d'y réfléchir, de le peaufiner et de vraiment de montrer une réplique quasi parfaite de ce qu'on pense et c'est important aujourd'hui de pouvoir dire ce qu'on pense en toute liberté. Parce qu’au slam en particulier, tout l'univers qui est autour, les gens, il n'y a pas de jugement: on peut vraiment dire ce qu'on veut. Alors, oui je ressens un sentiment de liberté et de satisfaction. Mon ego est flatté et en même temps je me sens bien parce que je suis avec des gens bienveillants...


Un grand merci à la Ligue Slam de France à toute l’équipe de Marseille, notamment bien sûr à Loris pour son aide... Propos recueillis par #PG9




Tous les portraits sont regroupés ici:

Pourquoi slamez-vous?




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