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[Plonger dans l'âme de...] Sebseb. Slam polymorphe

Nous avions parlé une première fois avec Sebseb dans le cadre de [Pourquoi Slamez-vous?] et nous nous étions promis de prolonger ce 1er échange trop bref. Par le plus grand des hasards (vraiment), notre nouvelle conversation a eu lieu le jour de son anniversaire "civil" et si ce 2nd texte est publié un 13 mai, alors qu'il est prévu à l'origine pour [Pourquoi Slamez-vous?] version 2020 (mise en ligne en juin), c'est pour un autre anniversaire BEAUCOUP plus important! Pour tout comprendre, lisez ce qui suit... Et accrochez-vous, un slameur (engagé) a rarement la langue dans sa poche! Bonne lecture


[Pourquoi Slamez-vous?] en partenariat avec la Ligue Slam de France


Sebseb. Photo: Hashka (C)

Bonjour Sebseb... et bon anniversaire! On ne va pas s'étaler là dessus, mais... est-ce que c'est important pour toi de marquer le temps?


Salut Philippe! Non. Les anniversaires civils ont vraiment très peu d'importance pour moi. J'ai d'autres anniversaires qui comptent beaucoup plus.


Lesquels - si ce n'est pas indiscret?


Pas de soucis! Mon anniversaire d'abstinence d'alcool, ça fait 15 ans cette année. Pour moi, c'était le début d'une nouvelle vie, donc j'ai plus l'impression d'avoir 15 ans qu'autre chose. Mon anniversaire de musique aussi. Cette année, je fête la majorité américaine: j'ai commencé en 99, ça va donc faire 21 ans que je fais de la musique à plein temps.


Que tu dédies ta vie à ça?


Oui.


Alors, effectivement, cet anniversaire- là est important pour toi.


Le 13 mai 1999, pour la première fois, il y avait mon nom sur un flyer. A l'époque, c'était les Sound Systems qu'on organisait à Paris dans le 13ème à l'espace Masséna. J'ai fait du reggae-dance hall pendant six ans. Je le reposte tous les ans le 13 mai pour marquer le coup sur Facebook!



Ok. Au fait: pourquoi, Docteur?


C'est un peu comme Sebseb, un surnom qui m'a été donné et que je n'ai pas choisi. Docteur, c'est pareil. C'est simplement pour Facebook: il fallait choisir quelque chose. Après, ça n'est pas tout à fait un hasard, il y a l'idée derrière de faire du bien, aux autres, à la société. Et à moi.


De faire du bien en créant?


Oui. Enfin, pas forcément l'acte de création lui même, mais le fait de le partager, d'être inclus dans la société. De faire des concerts, des disques...


Le fait d'être là, on va dire. D'être présent.


C'est ça. Mais, je fais la différence entre l'acte de création qui pourrait très bien se faire indépendamment du partage. Je pourrais très bien créer pour moi. Il y a des gens qui font ça et c'est très bien. Moi, je pense que la démarche de faire du bien passe forcément par le fait de partager avec d'autres gens. En sous marin derrière, il y a l'idée de Franck Lepage. J'ai redécouvert ces derniers temps l'œuvre de ce type qui est assez génial. La différence entre la culture avec un gros cul, comme il dit quand il parle du ministère de la Culture, et ce qu'on peut appeler l'éducation populaire. C'est une conférence gesticulée qu'il commence avec un poireau dans la main. J'avais fait quelques textes sur le sujet où j'imagine que la culture ce n'est pas manger des courgettes, c'est les faire pousser.


Ok. Donc, tu es là, actif, partout où on a besoin de toi... comme le SAMU?


Je vais là où on veut bien de moi aussi! Il y a des gens qui ne veulent pas. Je suis docteur, diplôme en psychiatrie en poche, on va dire... mais je n'ai pas fait 10 ans d'études et je n'ai pas le baccalauréat non plus. Mes compétences sont limitées!


Et le Zébre?


“Le Zèbre”, c'est le titre du spectacle que je tourne en ce moment. J'y suis accompagné par Tô, un activiste de la scène slam lui aussi, Antoine Faure. Il fait plein de trucs supers, à découvrir sur son propre site: www.antoinefaureto.com. Avec moi, il envoie en live les instrumentaux que j'ai composés à la maison. Il y rajoute des boucles de beatbox et il fait aussi des appuis vocaux. On a mis en place toute une mise en scène qui va avec la thématique du Zèbre. Le disque qui accompagne cette création qui va sortir à l'automne: Sebseb - le Zèbre.



Le Zèbre est un personnage intéressant...


Oui, c'est un choix, ça n'est pas uniquement un personnage, c'est aussi en rapport avec ma vie, avec ce que je suis, avec la façon, dont je vois le monde et la société. Je suis plus zébré que cheval.


Combien de temps as-tu mis pour travailler sur ce spectacle?


Ca fait deux ans que je tourne avec et la création a mis énormément de temps. Ce que je peux dire, c'est que, depuis mon dernier disque, un petit 3 titres sorti en autoproduction, et jusqu'à mon nouvel EP, il s'est écoulé 4 ans. Cette fois, et c'est une première, je rentre dans la production indépendante avec Contre-courant Productions. Du coup, ça va être distribué avec un peu plus d'audience que mes précédentes créations. Là le disque est fini, on est en train de faire le graphisme.


C'est quelqu'un de particulier qui le fait? Tu interviens sur le graphisme toi-même?


C'est en collaboration. Quelques photographes ont bossé aussi avec moi sur le sujet.


Tu es un artiste des mots, de la musique... et aussi des images?

Je trouve vachement intéressant, justement, tout ce qui se passe aujourd'hui, avec les clips qui deviennent vraiment une partie intégrante de la création musicale. C'est un progrès, finalement. C'est assez chouette, surtout dans le sens où aujourd'hui, on peut aussi faire des choses de qualité avec moins de moyens que le cinéma en demandait avant, par exemple. Il faut un minimum pour avoir un truc propre, mais je trouve ça super chouette, ce principe de vidéo qui se duplique à l'infini. J'ai ressorti de mes archives et de ma tête l'autre jour un film qui s'appelle "Ill manors". ll a été réalisé par une équipe qui s'appelle Plan B et toute une bande de chercheurs autour des musiques actuelles, des musiques contemporaines, des musiques urbaines, la bande de Foreign Beggars qui sont les figures de proue du style grime et derrière toute la scène dubstep anglaise. "Ill manors" est une comédie musicale qui a pour particularité, d'abord d'être très bien filmée, d'avoir une intrigue assez palpitante, mais aussi d'être une comédie musicale où les textes de la plupart des morceaux font référence à l'histoire qu'on est en train de voir. Ca n'est pas une comédie musicale avec des morceaux intemporels, les morceaux parlent des personnages du film. C'est assez intéressant.


Là, tu parles d'un goût et d'un plaisir, mais est ce que toi même tu en fais? Tu filmes, tu photographies, tu dessines?

Avant de faire de la musique, quand j'étais ado, je dessinais. A priori, d'ailleurs, ma famille me destinait plus à l'image. On était de l'époque des débuts des ordinateurs et d'internet et du coup, dès qu'un gamin était un peu artiste dans une famille, on lui recommandait d'envisager de faire des écoles type beaux arts, art déco, formation pro de graphiste pour pouvoir en profiter. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'aujourd'hui, le milieu du graphisme est complètement saturé. Beaucoup de gens qui ont senti venir le truc d'internet, de l'image... Donc, je dessinais beaucoup et j'ai gardé quelques traces. Pendant les vacances, je m'y remets. J'adore l'image. Il y a beaucoup de clips où finalement, quelque part, j'ai participé à la réalisation. Quand je peux et que j'ai les moyens, je fais appel à d'autres gens parce que c'est toujours plus intéressant d'être à plusieurs, mais sinon, je monte même des équipes de gens motivés qui aiment bien mon travail. J'ai une sensibilité complètement à l'image. J'aime ça.


D'où vient ton écriture? On en avait parlé la dernière fois, mais on va en reparler. De l'image, des révoltes/ indignations, des émotions?


Je ne saurais pas dire en fait. Je n'ai pas de limite ou de barrière, pas de façon de procéder, de conditions sine qua non... C'est un peu ce que je défends aussi quand je fais des ateliers d'écriture. Je dis aux gens: il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de partir d'une idée pour aller vers un texte. Tout est bon à prendre en vrai. Pendant longtemps, je me suis nourri de mes propres émotions. J'ai eu besoin d'aller faire de grandes recherches intérieures pour trouver un équilibre avec la société. Du coup, ces recherches, hyper riches, ont nourri mes textes. Ces derniers temps, j'écoute et je consulte beaucoup, des philosophes, des chercheurs, de gens qui réfléchissent sur la situation politique actuelle - catastrophique-, et ça nourrit de nouveaux textes et de nouvelles idées. Mais, plutôt que de jouer des personnages, comme un SDF ou une prostituée, par exemple, j'essaye de parler de l'endroit où je suis et de ce qui me touche moi.


Quand on s'est parlé, tu disais qu'il y avait deux grands catégories dans tes textes: l'intime et le politique. C'est toujours le cas où ça a évolué?


Oui, c'est toujours le cas. Sur les 20 dernières années, j'ai été beaucoup, beaucoup dans l'intime, mais depuis 3/4 ans, depuis que le bloc bourgeois a attaqué la classe moyenne avec l'élection de Macron, je constate que j'ai de moins en moins de scrupules à partager des idées ou des pensées politiques.


Tu as l'espace d'expression pour ça à Toulouse?

Sebseb (C)

Dans mes textes, de toutes les façons, oui. Mes chargés de production s'appellent Contrecourant Productions, ça définit assez bien le fond de la pensée des gens avec qui je travaille, je ne les ai pas trouvés par hasard non plus. Et puis les scènes slam, les concerts... On a encore un peu de liberté d'expression dans ce pays, malgré l'horrible loi Avia, passée en décembre dernier, votée en catimini en juillet 2019 pour écraser la liberté d'expression sur Internet et le Web. Il reste encore des espaces... Quant à la situation politique, on n'est pas dans le fascisme ou la dictature militaire, ce serait faux de dire ça, parce que les définitions ne correspondent pas. Mais pour avoir étudié un peu le truc, et notamment un chercheur philosophe très intéressant, Grégoire Chamayou, qui s'est intéressé à ce qu'ont réfléchi les think-tank néo-libéraux aux Etats-Unis, suite à la dictature militaire de Pinochet, qui était quand même un échec pour le néolibéralisme... Leur réflexion, c'était plutôt la volonté de laisser l'illusion à la classe moyenne supérieure, qu'elle était toujours dans une démocratie. Avec une possibilité de "choix", en maintenant une capacité de vote et une liberté d'expression, qui sont en fait des expressions assez mineures de la démocratie...


Factices?


Non. Mineures en fait. La démocratie, c'est beaucoup plus que ça, beaucoup plus large. Je constate qu'on est dans une période où le mot de ce qu'on est en train de subir n'a pas encore été inventé, mais une période politique où, on va dire le totalitarisme néolibéral, même si c'est un gros mot, tue énormément de gens. Moi, ce que je soutiens, c'est que quand l'histoire aura inventé le mot pour décrire l'état politique actuel qu'on vit, ça veut dire qu'il sera déjà terminé. D'autres mots que collaborateurs ou résistant, que fascisme ou totalitarisme auront été inventés d'ici là, mais ce sera déjà terminé. Ca sera trop tard.


Le slam est un lieu intéressant pour ça, justement, pour parler de tout ça ouvertement, librement.

Sebseb (C)

Complètement. Face à la cata des médias et même des réseaux sociaux. Mine de rien, malgré les apparences, les réseaux sociaux ne sont pas un média, à mon avis, utile ou performant pour la diffusion d'idées politiques. Pour moi, le meilleur média de tous, qui surpasse tous les autres en capacité, en puissance, en pérennisation, c'est le bouche à oreille. Et donc, fatalement, la scène slam.


Quelle est la vérité du slam alors?


Je ne sais pas comment répondre à cette question surprenante. Un pote slameur dit, et je trouve que c'est assez juste, qu'il y a autant de définitions du slam qu'il y a de slameurs. J'aime bien cette formule. Après, ma propre définition, mais je ne parlerai pas de vérité, parce qu'elle n'appartient qu'à moi, c'est qu'il s'agit d'un espace d'expression artistique unique dans l'histoire de l'art, jamais vu avant. L'idée de réunir tous les arts possibles au même endroit, en donnant à chacun juste trois minutes d'expression, c'est un phénomène tout à fait notable dans l'histoire de l'humanité.


Comment se porte le slam à Toulouse depuis qu'on s'est parlé?


Le slam à Toulouse est confiné... Mais, auparavant, il se portait assez bien. Le collectif qu'on avait créé avec Maël est devenu une association, on est donc un peu plus nombreux, 8 ou 9, à l'école du Magret d'argent. On a organisé la troisième édition de notre tournoi national au en février 2020, quelques semaines avant le confinement, c'était une chouette réussite. On a quatre scènes mensuelles régulières qui reprendront j'espère au plus tard en septembre. Des petites scènes dans des petits endroits, des cafés associatifs qu'on aime bien. Des lieux qui nous conviennent aussi politiquement et qu'on a envie de soutenir. Des endroits citoyens, ou participatifs, on va dire. Et puis, il y a toujours la Nuit du Slam. Cette année, la coordination avait été reprise par les Lyonnais. Elle tourne tous les deux trois ans sur toute la France. Nous, ça faisait 3 ans qu'on l'avait à Toulouse. Les Lyonnais l'avaient reprise cette année. Mais malheureusement, c'est sur la semaine des "Dis moi 10 mots" qu'est tombée la mesure de confinement. La nuit du Slam Toulousaine était le samedi 14 mars et elle a été reportée. On avait déjà fait deux belles scènes avant, "les avant scènes de la Nuit du Slam" au Bijou et puis quelques autres scènes aussi, on a commencé à développer les Nuits du slam en région Occitanie, aux alentours. Quelques dates avaient pu avoir lieu, mais là, ça reprendra plus tard.


Même si tout est stoppé, il y a quand même une belle dynamique...


Il y a énormément de slameurs et de slameuses et de plus en plus, il y a une vraie rotation. Toulouse est assez riche à ce niveau-là.


Que ressens-tu de tous ceux qui débarquent dans le monde du slam, comment les vois-tu? Qu'est ce que tu constates?


Rien. Ce que je surveille surtout, c'est l'attitude de ceux qui étaient déjà là. Moi, les autres, ceux qui sont là depuis un certain temps, et ceux qui étaient là avant moi aussi... J'ai participé à pas mal de mouvements alternatifs, la dance hall, les sound systems, le rap... Dans tous ces milieux, hip-hop -et même d'autres-, les associations sont toujours dotées "d'anciens", de "fondateurs", ou de "vétérans", selon les endroits on les appelle de plein de noms différents. Ce que j'ai vu de plus dangereux, c'est la volonté de s'accaparer le truc. Je disais (en rigolant !) l'autre jour dans une réunion "Nuits du Slam", que si un jour, nous, on s'en occupait plus, et que dans 10-15 ans, quelqu'un d'autre s'en occupait, ça pourrait devenir un truc avec Niska et Jul et il ne faudrait pas le prendre comme un échec ! La vie tourne, le monde change, les choses qui évoluent. L'exemple un peu extrême là, mais c'est pour faire passer l'idée ! Les gens s'approprient toujours les choses à leur propre façon et tant mieux.


Pour en revenir à toi, tu vas donc sortir un nouvel album?

Sebseb et Tô. Photo: Hashka (C)

Oui, il y aura des événements autour, à Paris, Toulouse et ailleurs. Je ne peux pas donner toutes les dates pour le moment, mais la tournée qu'on est en train de préparer va courir de la sortie de l'album jusqu'en 2021 aussi. Avec le Zèbre, donc Tô et moi, on va se balader un peu partout dans toute la France à faire nos spectacles. Enfin, j'espère. Mais j'ai confiance sur ce truc là. Ce qui va être compliqué pour tout le monde, c'est le renouvellement de notre intermittence, c'est sûr. Après, il y a des bagarres syndicales qu'il faut soutenir, qui sont entamées avec le ministère. Il y a eu des pétitions pour demander une année blanche pour les intermittents, ce qui est le plus cohérent avec le confinement, nous, on va payer les frais sur plusieurs mois, voire plusieurs années après. Mais, faire une dizaine de dates entre octobre 2020 et juin 2021, je ne me fais pas trop de soucis pour ça.


Et à côté, il y a les ateliers slam, les scènes que tu fais...


C'est ça. Et puis, il y a d'autres projets sur le feu.


Toi même, tu les animes, les scènes slam en partie?


Avec l'Ecole du Magret d'argent, les 8 personnes qui sont actives dans l'association, on tourne à l'animation sur les scènes régulières. Par exemple, on a une scène dans une grosse librairie, Ombres blanches, c'est Luz qui l'anime une fois par mois. Celle que j'avais ouverte juste avant le confinement, à l'Escabel, un bar dans un quartier populaire du centre ville de Toulouse, c'est moi qui l'anime une fois par mois aussi. Il y en a une autre dans un autre endroit qu'on adore, l'Itinéraire bis, où l'on tourne à chaque fois... Tu vois, c'est différent. Sur les gros événements, pareil on tourne.



L'idée n'est pas de s'approprier votre bébé, mais de se le partager, c'est ce que tu disais.


C'est ça. C'est une façon générale de dire ce que je pense, du slam et de l'ouverture que j'aime ou que j'aimerais y conserver. Toujours accueillir les idées nouvelles, différentes... D'une façon générale aussi dans la société, dans la politique, pas celle des partis, mais la politique dans le sens de la discussion et de la contradiction, du gris clair et du gris foncé. C'est un truc que le pouvoir actuel essaye de nous enlever. Leur novlangue ramène un côté très manichéen de oui ou non, de noir ou blanc. Tu condamnes ou tu cautionnes. Ce que je trouve intéressant d'une façon générale dans la vie, mais aussi dans le slam, c'est plutôt le fait de ne pas être d'accord, d'échanger, de discuter, de débattre. Pour pousser l'image à l'extrême, mon rêve depuis toujours, qui n'est pas vraiment un rêve et dont je parle à beaucoup de collègues animateurs de scènes slam dans toute la France: qu'est-ce qu'on fait si un type d'extrême droite vient dire un texte dans une scène slam, sachant qu'on est quand même plus ou moins une grosse bande de gauchistes? Je rêve de cette contradiction-là. Pour moi d'ailleurs, une des très belles réussites du mouvement des Gilets jaunes est d'avoir assis avec le même gilet sur un rond point des gens qui étaient d'opinions complètement opposées. Ca a ramené la polémique, l'éducation populaire... Et ça a vraiment fait prendre conscience à des gens qui votaient rassemblement national que c'était une bêtise !


Le fait de vivre ensemble remet les pendules à l'heure, tout simplement.


Ca élève tout le monde. Pour moi, les gilets jaunes ont vraiment réussi à dégoûter une bonne partie de l'électorat d'extrême droite de voter pour eux. On a des témoignages d'un peu partout, notamment de coins comme la vallée du Rhône ou d'autres où c'était là pas mal porté vers là, qui donnent bon espoir, qui donnent envie d'aller à la rencontre des gens et de discuter avec ceux avec qui on n'est pas d'accord.


Pour revenir à ce qu'on disait à un moment, la vérité du slam serait la vérité des slameurs?

Sebseb (C)

Alors, le mot vérité me dérange. Je n'ai pas d'opinion philosophique là dessus, si ce n'est que ce que j'ai compris, c'est qu'il n'y a pas une seule vérité. Ca n'est pas valable que pour le slam en fait, c'est valable pour tout. Ce qui me gêne dans le mot vérité, c'est son côté moral. C'est pareil, c'est un élément de la novlangue macronienne a beaucoup utilisé, la morale. Je m'intéresse beaucoup aux mots, c'est mon métier. Les mots, le langage politique utilisé parle les éditocrates, par les gouvernants, etc. m'intéresse énormément et ils ont fait un effort assez colossal avec leur conseillers en relations publiques. Le fait de moraliser le débat est un outil très pratique pour diviser les gens très rapidement. mais enlever l'aspect moral de cette question, en remplaçant le mot “vérité” par “réalité”, par exemple, est un outil intéressant pour apaiser les débats et pour pouvoir discuter.


Tu as envie de dire un truc pour conclure?


Il y a des guéguerres internes au slam, comme dans tous les milieux. Moi, je pars d'un principe que j'aime bien: les amis de mes amis sont mes amis. Cela me paraît une bonne approche de la vie et de la confiance que je peux accorder aux gens. Après, je pars aussi du principe que les ennemis de mes amis ne sont pas forcément mes ennemis. J'ai ce côté là, un peu “docteur” où je ne sais pas, mais cette ambition d'essayer d'entendre les gens. On me le reproche souvent, je suis peut-être trop gentil ou tolérant... mais je veux comprendre l'endroit où sont les gens, pour essayer de faire corps et de faire corps commun, avec l'éclectisme qui caractérise l'humanité.


Pour qu'on avance ensemble. Merci, à toi.


Propos recueillis par #PG9


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