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[Plonger dans l'âme de...] Liz Cherhal. Dans le tourbillon de sa vie

Il faut rencontrer Liz Cherhal... Cette jeune femme a la vitalité joyeuse des personnes pour qui chaque jour est une fête: elle crée et découvre sans cesse les yeux écarquillés sur ce qu’elle voit et les bras ouverts au partage. Son sourire illumine son visage dans sa totalité. Hyper sensible, certainement. Fragile ou forte? On se sait pas... Qui sait ce qui se cache derrière la richesse et la variété de ses émotions? Un besoin de communion avec les autres exacerbé, un besoin de ressentir, d’échanger, la nécessité de faire, de donner, d’être utile...


Liz Cherhal. Photo: François Guillement (C)

L’échange que nous avons eu un Vendredi matin, tôt, au téléphone a été d’une sincérité profonde. Elle s’est livrée simplement, en toute transparence. Sur elle, sur sa vie, sur ceux qui désormais sont sa famille de scène... Après “Il est arrivé quelque chose” et “Les Survivantes”, son nouvel album sort en Mars 2018: “l’Alliance”. Une déclaration d’amour? Une demande en mariage? Tout commence par là, mais qu’y-a-t’il après?


Liz Cherhal et Nicolas Berton sur le tournage du clip "M'entends-tu". Photo: Morvan Prat (C)
Liz Cherhal: “M’entends-tu?” https://www.youtube.com/watch?v=XQcUCZqwFw4

Bonjour Liz ! Tu prépares un nouveau projet « l'Alliance » que le public va commencer à découvrir le 22 septembre prochain... Comment tu te sens là?

Manon Tanguy et Liz Cherhal juste avant le Concert au Rouge Mécanique. Photo: Morvan Prat (C)

Bonjour. Je suis très excitée et en même temps j'ai très peur.... « L'Alliance » c'est mon nouvel album. Il sort en mars 2018 en même temps que le début de la tournée. Mais ce qu'on propose entre fin septembre et début décembre, c'est une petite tournée de cafés concerts avec Morvan, mon musicien, en duo tous les deux. C'est une introduction à l'aventure. Nous, ça nous permet de nous échauffer, de commencer à jouer les nouveaux morceaux. Il était temps ! J'ai commencé à écrire fin 2014 - début 2015, donc ça fait déjà 2 ans. Vu que ma tournée ne va vraiment démarrer qu'en mars, c'était trop long d'attendre jusque là pour faire des concerts. Le déclic vient d'un soir où Manon Tanguy m'avait invitée à chanter dans un de ses concerts à Le Café Rouge Mécanique à Nantes. En y allant, je me suis dit « mais ça fait combien de temps que je n'ai pas chanté dans un caf' conc' ? »... Je faisais ça au début de « Uztaglote », mon premier groupe, et ça m'a fait vachement de bien de me trouver dans cette ambiance avec des gens hyper proches. Après le concert, j'ai discuté avec le patron du bar qui m'a dit « oh, mais de toutes façons, toi tu ne fais plus ça, jouer dans les cafés concerts ». Et puis, je lui ai dit, en fait, je ne le fais plus parce qu'on ne me le propose pas! Il a rigolé et m’a fait « Tu voudrais venir cet automne jouer ? ». Voilà, c'est parti de là. J'en ai parlé à mon tourneur qui a dit « si t'as envie de jouer, vas-y, pas de problème ! ». Donc, le démarrage de cette tournée pour l'automne, c'est grâce à Manon Tanguy et au patron du « Rouge Mécanique ». C'est eux qui ont déclenché cette envie là chez moi.


Tournée Laboratoire avant la sortie de "L'Alliance" (Liz Cherhal et Morvan Prat)

Ils t'ont ouvert cette possibilité...


Exactement. A laquelle je n'avais pas pensé moi toute seule... c'est quand même triste ! Mais du coup, je suis contente qu'ils m'aient mise sur cette voie-là, je n'aurais pas eu l'idée, vraiment. J'aurais attendu le mois de mars en me morfondant parce que je n'ai pas de dates... Mais, il a suffi d'appeler quelques personnes qu'on connaît, d'autres qu'on connaît moins et on a une belle tournée d'une dizaine de lieux sur l'automne. Ca va faire du bien !


L'album est déjà enregistré, ou il va être enregistré après ?


L'album est déjà enregistré. On l'a enregistré au printemps entre avril et juin. Il est enregistré, mixé, les chansons elles sont bouclées, tout est fait...


C'est donc du bonus pour enrichir le contenu de ta tournée ?


Oui, voilà. C'est l'introduction à la tournée. Et moi, c'est aussi parce que mon métier de chanteuse, c'est vraiment d'être sur scène. Le studio, c'est hyper épisodique, tous les 3 ans. On y est 15 jours, un truc comme ça. C'est un moment court. Alors que mon quotidien, c'est de faire des concerts, de les préparer, de partir sur la route. Et c'est vrai que de ne pas le faire pendant une longue période, c'était un peu angoissant... Alors, on s'est dit que c'était le moment de se renouveler.


Mais qu'attends-tu de particulier de cette tournée dans les cafs conc' ?

Liz Cherhal et Morvan Prat. Photo: François Guillement (C)

Une des premières raisons pour le faire, c'était pour rencontrer des gens qui ne viennent pas me voir en Centre Culturel. Parce que pendant ma tournée d'avant « Les Survivantes », je n’ai joué que dans des Centre culturels, de très belles salles (300-400 places), très bien équipées, très agréables. On jouait devant un public de centre culturel qui n’est pas tout à fait le même que le public dans les bars. Et, je sais qu'en allant dans des caf's conc, je me donne la possibilité de rencontrer des nouvelles personnes. C'est ça ma motivation, et puis c'est aussi parce que c'est marrant. Passer une soirée dans un caf' conc' à jouer avec Morvan, c'est marrant. C'est un peu une fête, c'est une soirée, comme organiser une fête ! Ca me fait plaisir.


Tu attends un échange particulier entre toi et le public dans ces conditions-là?


Ce que j'attends des gens qui vont venir me voir, et je sais pas si ça va se produire, c'est qu'ils me nourrissent de leurs réactions. Je vais me servir de ces dates pour construire mon prochain concert en groupe. C'est à dire que ça va m'aider à faire l'ordre des morceaux pour la tournée, ça va m'aider à écrire les speechs entre les morceaux. Pour l'instant avec Morvan on les a préparés, les morceaux, on va les jouer devant les gens, mais je n'ai rien préparé de plus, ça va vraiment être instinctif. J'ai pas écrit des textes comme je peux le faire quand je joue en Centre Culturel, ça va vraiment être brut. On va jouer les 11 chansons les unes après les autres, et puis, il se passera ce qu'il se passera. Si les gens interviennent, si j'ai envie de parler aux gens, il va forcément se passer des trucs, mais je n'ai rien préparé. Donc, je pense que s'il se passe des choses chouettes, s'il me vient des idées chouettes de speech, probablement que j'en garderai pour le prochain spectacle.


C'est la première fois que tu fonctionnes comme ça ?


Oui.


C'est pour ça que tu es tendue alors ?

Les Survivantes. Photo: Pascal Pacquet (C)

Oui, carrément. Normalement, je monte sur scène, je sais de A à Z ce qu'il se passe, je sais ce que je dis, avec des marges de liberté, bien sûr, mais je cadre vachement ! Je dis clairement à mes musiciens ce qui va se passer, tout est très carré. Je prépare tout hyper bien. Et là, non, je ne l'ai pas fait. Volontairement, je ne l'ai pas fait pour me laisser de la liberté et puis voir ce qu'il se passe, pour sortir de mon fonctionnement habituel.


Tu avais besoin de respirer ?


Oui. Besoin de faire quelque chose qui me change de l'ordinaire.


Besoin d'être bousculée alors ?


Oui.


Mais toi même tu y vas dans les Cafés concerts en tant que public ?


J'y re-vais depuis quelque temps. En fait, j'ai un enfant. Je suis séparée du père de mon enfant. Donc je suis principalement seule avec mon enfant et c'est pas évident toujours de sortir le soir. Mais, je le fais. J'essaie de le faire de plus en plus, parce que c'est hyper agréable et puis parce que j'y vois des concerts que je ne verrais pas ailleurs. Sans mentir, je vais principalement voir les groupes de Morvan. En règle général dans les cafs conc' ! Mais je m'ouvre aussi à d'autres choses et j'aime bien.


Y'a pas que Morvan dans la vie !


Non, y'a pas que Morvan dans la vie, mais y'a Morvan !


On va en parler après d'ailleurs après. Tu parlais de ton enfant. Il a quel âge ?


Il a 9 ans.


Et il la voit comment, lui, la musique ?

Liz Cherhal en concert. Photo: François Guillement (C)

Il a bien conscience que c'est une passion, mais aussi un travail. Après, j'essaie de ne pas projeter des choses sur lui, je le laisse faire. Il n'est pas passionné par la musique et du coup, je ne le pousse pas là-dedans. S 'il veut faire des arts plastiques, ben voilà, il fait ce qu'il veut et je ne vais absolument pas le forcer à faire de la musique. Il en fera s'il a envie, je lui en parle, je trouve ça toujours bien de maîtriser un instrument parce que quand tu maîtrises un instrument que t'arrives à en jouer, ça te permet de rencontrer des gens et puis tu auras toujours quelque chose à faire quand tu sais jouer d'un instrument, tu pourras toujours trouver du travail, t'en sortir, rencontrer des gens, c'est quelque chose qui ouvre. C'est important. Ca l'intéresse pas pour le moment, il sait que ça existe, je lui laisse la porte ouverte, mais je le pousse pas quoi.


Qu'est ce qui t'ouvre le plus au monde actuellement ? La musique ou ce rapport avec ton enfant ?


Actuellement et depuis qu'il est né, je suis un peu sur-centrée sur lui et sur ses centres d'intérêts. Je pense que c'est normal, c'est des périodes de vie. Quand j'étais étudiante, je sortais beaucoup. Après, j'ai eu un enfant, je sortais moins, je n'allais plus au cinéma, plus dans les concerts, voilà, c'était un peu une période presque de re-fermement, de repli sur soi et maintenant qu'il grandit, je vais pouvoir recommencer à faire toutes ces choses-là... c'est des périodes de vie quoi ! C'est normal d'être intéressé par son enfant...


Alors Morvan... Qui est donc Morvan ?

Morvan Prat

Morvan, c'est un musicien. Morvan Prat. Qui a démarré dans le métier en jouant dans le groupe « Rue de la Gouaille », à cette époque, je ne le connaissais pas. On s'est rencontrés grâce à Nicolas Berton, mon collègue de Uztaglote, qui bosse toujours avec moi maintenant. On bossait tous les trois dans un spectacle de Nicolas Berton : « Hector le facteur ». Et, voilà. On s'est rencontrés comme ça. Sur ma toute première tournée, « Il est arrivé quelque chose », un de mes musiciens a dû arrêter en cours de tournée et il a été remplacé par Morvan.


"Il est arrivé quelque chose". Photo: Ronan Lanoë (C)

C'était en 2012 et on s'est hyper bien entendus, et il a commencé à me proposer des arrangements sur des chansons et je lui ai proposé de les faire sur mon 2nd album « les Survivantes ». Il a fait un super boulot et du coup, il fait les arrangements aussi sur « L'Alliance »... et il fait les arrangements de scène pour la tournée en Caf' Conc' et il va faire aussi les arrangements pour le concert, autant dire qu'il est une pierre angulaire de ma carrière actuellement. On travaille vraiment en binôme ++...


"Les Survivantes". Photo: Morvan Prat (C)

Vous échangez comment ?


Sur les arrangements, il me fait des propositions, il les envoie en MP3, je les écoute chez moi, je lui fais un mail... Et puis, il me refait des propositions, ça se fait beaucoup par mail. On se voit bien sûr aussi. Ce sont des échanges constants, permanents.


Donc, il y a 3 types d'arrangements : pour l'album, pour le caf' conc' et pour la tournée en groupe ?


Les arrangements pour la tournée cafs' conc' et pour la tournée concert à 4, ils vont beaucoup se ressembler, ça sera la même ambiance. Mais, il y aura des choses à refaire.


Tu peux expliquer pourquoi les arrangements sont différents ?

Parce que sur disque on fait venir un pianiste, un batteur, un quatuor à cordes... et un guitariste pour un morceau. Après, en duo, on est donc que tous les deux, Morvan et moi, il faut réinventer une musique qu'on va pouvoir jouer que à deux. Concrètement, il faut enlever par exemple les parties de quatuor à cordes, mais il faut quand même trouver un accompagnement qui tienne la route, donc, il faut re-réfléchir à la manière d'accompagner la chanson.


Et donc la tournée, vous serez quatre...


On sera quatre. Un batteur, Meivelyan Jacquot, Morvan qui fera violoncelle et guitare, moi je serai au clavier et au chant. Et la 4ème personne, ce sera pas un musicien, mais un comédien danseur et également bilingue en langue des signes. Il va interpréter toutes les chansons en langue des signes en même temps que je les chanterai...


Parce que justement, ce qui baigne ton univers actuellement, c'est notamment la langue des signes et le rapport à l'autre, à la différence...

Oui, c'est un projet que j'ai dans la tête depuis de nombreuses années : faire un concert accessible aux personnes sourdes. Je prends des cours de langue des signes depuis 2013 pour pouvoir proposer ce concert et surtout communiquer avec le public qui vient me voir en concert. Je suis touchée par la différence, par l'exclusion que ça peut générer. C'est une pierre à l'édifice, c'est pas grand chose par rapport aux besoins qu'ont les sourds actuellement, mais je me dis, au moins, je fais ça. Et même si c'est pas grand chose, je le fais quand même.

Liz Cherhal “En douceur


C'est dans cette lignée solidaire que la tournée dans les cafs' conc' va passer par un lieu de la Croix Rouge ?

Oui dans la tournée, il y a un centre maternel Croix Rouge. Parce que depuis quelques temps, j'ai rejoint le collectif « Des Liens » de Dominique A. On propose d'aller jouer dans des endroits qui ne sont pas des salles de concerts, pour un public qui habituellement ne va pas aux concerts. Le Centre Maternel Croix Rouge de Nantes, c'est un endroit où vivent des femmes, soit elles sont enceintes, soit elles viennent d'avoir leur bébé, mais elles sont tellement isolées qu'elles arrivent pas à s'en occuper. Elles vivent ensemble dans ce centre et bien évidemment, leur préoccupation première n'est pas de sortir voir un concert. Nous, on va aller jouer pour elles début octobre dans leur centre. Comme ça, elles n'ont pas besoin de sortir et elles peuvent avoir leur bébé sur les genoux, on mettra pas trop fort...

“Des Liens”: la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité http://des-liens.com/

L'idée d'être à deux, c'est pour être en acoustique ?


Non, ça sera sonorisé parce qu'on a des bandes sons. Notamment les parties de batterie qui sont sur bande. Tous les concerts sont sonorisés et Morvan est aux machines à la guitare et au violoncelle.


C'est beau « l'Alliance ». « Tu t'ancres de plus bel dans ton époque et la société » dit la présentation du projet...


Oui, parce que, dans les chansons, j'essaie de porter un regard sur ce qui m'entoure et sur la vie des gens autour de moi. Notamment parce que j'ai une chanson sur l'avortement et une chanson sur les victimes de violences conjugales. Pour moi, ce sont des chansons sociales... C'est pas de la poésie. Je raconte des vrais trucs qui se passent vraiment autour de nous.


Ce sont des textes ancrés dans la dureté de la vie de certaines personnes ?


Oui. Dans la réalité. Ancrés dans la réalité.


Quel est ton processus créatif pour ces chansons-là ?


Ca dépend. Dans la chanson « Volontaire », c'est à la fois mon expérience personnelle et la lecture de blogs, des recherches que j'ai faites sur internet. Pour « Sauvage », qui parle des violences conjugales, je ne me suis pas basée sur mon expérience personnelle. J'ai fait des recherches sur Jacqueline Sauvage, parce que c'est une histoire qui m'a beaucoup interpellé. Pour ça, j’ai passé beaucoup de temps à la médiathèque de Nantes. C’est super bien la médiathèque, tu y vas, y'a un guichet et tu peux demander les articles de plein plein de journaux depuis des années sur un sujet précis. J’ai donc ingurgité tous les articles que j’ai trouvé à son sujet, j'ai pris plein de notes et puis j’ai aussi lu son bouquin « Je voulais juste que ça s'arrête ». Et le deuxième socle pour cette chanson, c’est le livre de Alexandra Lange, « Acquittée ». Elle y raconte sa vie de couple jusqu’au jour ou elle a tué son mari en 2009. Elle a été acquittée. Pour cette chanson, dans laquelle j’ai essayé de me mettre à la place d’une victime de violence conjugales, je me suis basée sur des bouquins et sur, malheureusement, l'histoire d'une mes amies, qui a été victime de violences chez elle. Elle m'a raconté beaucoup de choses.


Bravo. Donc tu prends des risques !


Non, je ne crois pas parce que ça reste des chansons. Enfin, je ne sais pas. Je ne pense pas prendre un risque en faisant une chanson. Je sais pas. Est-ce que des gens ont déjà été embêtés pour une chanson ? Certes, ce ne sont pas des poèmes, mais je ne juge rien. Je raconte. C'est pour ça que je ne prends pas de risque. Ce que je raconte dans la chanson « Sauvage », c'est juste une réalité qui existe.


Ton parcours à toi. Tu le décrirais comment ? Comme une course de haie, une balade en bateau ou un voyage dans la lune ?


Mon parcours professionnel ? Une balade en bateau. Franchement. Je fais les choses assez lentement finalement. Par contre, je suis pas toute seule sur mon bateau. Je suis entourée, très bien entourée. Nicolas Berton me conseille, m'aide. J'ai hyper conscience aujourd'hui, on a beau dire « Liz Cherhal en concert », « l'album de Liz Cherhal », je ne fais rien toute seule, absolument rien. J'écris les chansons, mais Morvan fait les arrangements, un booker qui appelle les salles pour mettre en place les tournées.Je suis toujours assez mal à l'aise d'avoir une reconnaissance alors que c'est un gros travail d'équipe.


Tu as une famille professionnelle autour de toi...

François Guillement (réalisateur), Liz Cherhal, Nicolas Berton, Morvan Prat pendant le tournage du clip "Tu m'épates" à Venise

Oui, aujourd'hui, Nicolas Berton et Morvan Prat, sont deux piliers de ma vie professionnelle. C'est con à dire, mais sans eux je ne serais rien, quasiment. Enfin, je serais autre chose sans doute. Aujourd'hui, ils ont une importance folle dans ma vie professionnelle.


L'Alliance, c'est avec eux ? C'est avec qui ?


L'Alliance, c'est un mot générique. Mes chansons tournent beaucoup autour de l'alliance entre deux personnes, de l'amour, mais aussi de la séparation. Qu'est ce qui passe quand un couple se sépare, qu'est-ce qu'il advient des enfants, qu'est ce qui se passe quand deux personnes qui ont déjà des enfants se mettent ensemble, qu'est-ce qui se passe pour les enfants... Qu'est ce qui se passe, pour un enfant quand il vit entre deux maisons ? Comment on arrive à accepter quand un ami se sépare et se remet en couple avec quelqu'un d’autre... J'ai choisi ce terme d'alliance parce que c'est un terme positif et je voulais que l'album ait un titre positif. Mais, derrière l'alliance, il y a aussi les désalliances, les désunions et la déconstruction de tout ça.


Tu écris des chansons mais est-ce que tu écrirais un roman ?

J'aimerais beaucoup. Il m'arrive très régulièrement sur les réseaux sociaux d'écrire de longs longs textes pour raconter ce qui se passe dans le boulot, c'est en général plutôt des textes humoristiques et j'aime beaucoup ça. J'ai des retours hyper bons, très encourageants, et oui, j'ai ça dans un coin de ma tête : écrire des longs textes, essais, romans... Je n'arrive pas à me lancer parce que ça me fait peur. Mais j'ai cette idée. Ca arrivera peut-être un jour.


Ce qui te manquerait c'est le sujet, c'est l'idée ou le courage ?


Non, c'est vraiment la peur de me lancer. J'ai des trucs à raconter, c'est sûr. Mais la peur de l'inconnu, faire des trucs qu'on n'a jamais fait, ça fait peur ! Il faut que je me lance !


Pourtant une chanson, justement, c'est jamais la même chose, c'est toujours une nouveauté, c'est l'inconnu, non ?

Oui. Mais y'a une manière de faire. Moi, j'ai une manière d'écrire des chansons. Je commence par écrire une phrase, et puis après j'écris toutes mes idées sur 3 – 4 pages et puis après j'efface... J'ai un processus. Mais pour écrire des trucs plus longs, je connais pas le processus, je sais pas comment on fait, je sais pas par quel bout on prend ça ! Ca existe des master-class pour écrire un roman. Bernard Werber il fait ça. J'ai envie de m'inscrire !


Le Bonheur pour toi, c'est quoi ? Qu'est-ce qui te rend vraiment heureuse ?


J'aime le calme et la solitude parce que je sais que ça ne dure pas. Mais ce qui me rend heureuse, c'est de partager des moments avec des gens que j'aime. Je suis heureuse quand je suis accompagnée de gens avec qui je m'entends bien et qu'on rigole. C'est aussi simple que ça...


Tu aimes bien toutes les couleurs de la vie, parce que tu viens de dire une chose et son opposé...


Oui, j'aime la solitude parce que je sais que ça ne dure pas. Et j'aime aussi être entourée parce que je sais aussi que j'ai des moments où je peux me retrouver toute seule. J'aime un peu de tout.


Un petit mot pour conclure ? Qu'attends-tu de demain ?


J'aimerais pouvoir être sûre de moi. J'aimerais ne pas craindre les critiques que je vais forcément me prendre dans la figure quand le disque va sortir. Me dire mais non, mon disque, je l'aime tel qu'il est, je m'en fous de ce que vont dire les autres... mais c'est pas le cas, c'est sûr, c'est pas le cas. Je vais être blessée et touchée dès que je vais lire des choses un peu négatives parce qu'il va y en avoir, c'est obligé. Et j'aimerais pouvoir passer au dessus de ça, mais je sais que ça va être dur. La sortie est au mois de mars, les articles vont commencer à sortir en janvier - février, des trucs super élogieux, sympas et chouettes et des trucs aussi qui vont me mettre par terre... J'aimerais pouvoir traverser cette période de la manière la plus calme possible... Je sais pas... je vais peut être faire de la sophro...


Tu iras à la médiathèque !


Voilà. Et je vais commencer à écrire un roman, ça va peut-être me détendre finalement !


Propos recueillis par #PG9


Liz Cherhal. Photo: François Guillement (C)

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Quelques mois plus tard: Liz Cherhal prête à porter “L’Alliance”






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