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[Evénement] Thomas Fersen crée son nouveau spectacle: "c'est tout ce qu'il me reste". Interview...

Mis à jour : mai 3

C'est l'événement chanson française de la rentrée 2019: Thomas Fersen crée son nouveau spectacle Vendredi 13 Septembre prochain au Montansier de Versailles pour l'ouverture de saison (et il sera retransmis en direct sur Fip!). "C'est tout ce qu'il me reste" est aussi le titre de l'album qui sort le 27 septembre... Un coup de fil s'imposait à ce chanteur créatif, décomplexé et inventif. Allo, Thomas?

Cet interview est le 2ème tome de notre dossier sur la saison 2019-2020 du Montansier... Le 1er, un entretien avec Geneviève Dichamp, co-directrice, est à retrouver ici. Un 3ème interview suivra bientôt au sujet du spectacle "la République des Abeilles" que vous pourrez découvrir le 16 octobre... Bref, que du miel pour vous!

Bonne(s) lecture(s)



Bonjour Thomas. Enchanté. Vous vous dites sédentaire et nomade, vous parlez de Paris, du voyage... Mais y a-t-il un endroit dans lequel vous vous sentez vous-même?


Enchanté Philippe. Oui. Un bon fauteuil... mais dans un train !


Vous aimez rêvasser dans les fauteuils...


Ah oui, j'aime bien rêvasser. Si le siège est pas trop dur, ça n'est pas plus mal...


Que se passe-t-il dans ce fauteuil ? "Rêvasser", ça veut dire quoi ?


L'idéal, c'est quand je suis en train de ruminer une histoire amusante pour moi un peu cocasse, un peu intrigante, piquante, insolente, désobéissante... Je suis donc en train d'avancer dans cette histoire et j'ai un petit bout de papier pour noter ce qui me vient à l'esprit. Ca, pour moi, c'est l'état idéal. Ce moment de création, c'est quelque chose que j'aime vraiment beaucoup. Je jubile quand l'histoire me plaît... C'est assez jubilatoire de se dire qu'on va la raconter après sur une scène!


Qu'est-ce qui vous vient en tête ? Des images, des mots, des musiques... ?


En fait, l'essentiel est d'arriver à formuler sa pensée dans une forme qui soit séduisante, sexy, percutante. C'est un grand plaisir et là est l'essentiel. Parce qu'on peut avoir des idées, mais si on ne sait pas les transformer en mots, malheureusement, il manque quelque chose, ça ne marche pas. Et puis, pareillement, on peut savoir formuler les choses, mais ne pas avoir de bonnes idées. Ca ne marche pas non plus. Le sens de la formule, c'est un jeu que j'adore. Dans la conversation, dans la vie... J'aime beaucoup faire ça. C'est un exercice auquel je me prête tout le temps. Donc, c'est comme ça que naissent mes chansons.


Avec qui aimez-vous parler en particulier ?

Avec tout le monde... La femme que j'aime, les enfants. Je ne sais pas... Les gens avec qui mon état d'esprit trouve du répondant. J'aime bien. Mes premières idées viennent de la conversation je crois. C'est à dire que, en discutant, me viennent des idées et ma façon de formuler mes réponses est parfois un début de texte. Je reconnais là une forme qui va entraîner une suite, que je vais pouvoir dérouler. Il y a parfois des choses qui donnent des perspectives, j'ai un peu le sens de ça, je m'en rends compte. Donc, je les mets dans un coin et quand je suis assis dans le fauteuil dont on parlait tout à l'heure, je tire dessus.


Est-ce que vous aimez parler à l'inconnu aussi?


Je parle souvent à des inconnus. D'abord, quand je monte sur scène, le public est un inconnu. C'est un inconnu mais j'ai tout de suite un contact avec lui. C'est une forme universelle de l'inconnu si on veut aller sur ce terrain-là.


Vous êtes en train d'écrire un nouveau spectacle que vous allez commencer à répéter bientôt. Il est déjà prêt? Vous en êtes où? (Note: l'entretien a eu lieu début août)

On a répété les chansons. Je suis en train de construire le spectacle.


Vous entrez en résidence le 9 septembre. Comment vous sentez-vous ? "C'est tout ce qu'il me reste"... De quoi allez-vous parler ? Comment préparez-vous le travail?


Je pense à la mise en scène, à la scénographie, à mon entrée en scène, à mon costume... et à la chanson qui va venir avec. J'adore ce moment de création. C'est encore une fois, j'adore ce mot, jubilatoire de se préparer pour un spectacle, de préparer des farces, d'imaginer ses idées et de se projeter comme ça vers un futur de fête. Parce que le spectacle est une fête. C'est un moment privilégié avec des codes particuliers qui sont ceux du spectacle et qui nous permettent de désobéir beaucoup par rapport à la morale qui est la nôtre en dehors des murs du théâtre. Là on peut transgresser un peu avec le public et s'amuser de tout parce que ça nous fait du bien.


Vous parlez de farces à vous-même, au public, à vos musiciens ?


Des farces sur l'Homme, l'Humanité, sur moi, sur le public, sur les femmes, les relations hommes/ femmes, sur la séduction... Dans l'écriture et dans la scénographie. Parce qu'on farce avec la scénographie.


Est-ce que vous faîtes des farces à vos musiciens ?


Non. Je suis très respectueux des musiciens. Je fais attention ! Je me moque surtout de moi-même. Et des chanteurs en général. Enfin, de l'état de chanteur. J'aime bien démythifier le chanteur, montrer ses travers de séducteur, narcissique... Ca m'amuse beaucoup.


Vous dites que quand on est sur scène une porte s'ouvre et on plonge dans "Alice aux pays des merveilles"... D'où l'idée du lapin pour "C'est tout ce qu'il me reste"?

Quand on a travaillé avec le graphiste et le photographe Laurent Cerutti, il avait fait plein de petits croquis. On avait imaginé de faire plein de petites scénettes pour facebook où j'étais costumé dans des situations cocasses, parfois en lien avec des chansons, parfois non. Et il m'a à un moment croqué avec un peau de lapin sur le dos... Le thème central du nouvel album c'est un chanteur qui regarde dans le rétroviseur de sa longue vie de chanteur / séducteur et qui raconte ses frasques de chaud lapin. Je me suis dit que j'allais axer le spectacle là dessus. On s'amuse beaucoup avec les gens là-dessus en général. L'album vient magnifier ma carrière de prétendu chaud lapin... D'où la peau de lapin. Mais tout est faux. On ne sait jamais ce qui est vrai.


Vous répétez à partir du 9 septembre, le spectacle sera créé le 13. Attendez-vous quelque chose de particulier de cette tournée-là ?


Je la veux très festive. C'est la raison de mes retrouvailles avec les musiciens qui m'ont accompagnés sur les tournées maintenant plus anciennes, j'ai envie de redonner ça au public. Ce côté festif qu'on avait sur "Pièces montées des grands jours", "Pavillon des fous" et "Quatre", notamment. Le but du projet, c'est de s'amuser: "C'est tout ce qu'il me reste" !


C'est déjà beaucoup.


C'est beaucoup. Dans une civilisation décadente... Que fait l'orchestre du Titanic ? Il joue !


Jusqu'à la fin. A un moment, vous avez parlé d'une quadruple schyzophrénie, puisque vous êtes désormais à la fois auteur, compositeur, interprète et label.


Oui, mais ça n'est pas tout à fait de la schyzophrénie. C'est le même projet. Donc je me nourris de toutes mes activités ! Le label, c'est un peu par la force des choses, pour proposer ce que je propose, je ne peux pas non plus engager la responsabilité de gens en dehors de la mienne... Je suis responsable de moi-même, de ce que je propose - qui ne rentre pas dans le cadre de ce qui se produit aujourd'hui. J'en suis bien conscient et je préfère faire ce que j'ai à faire dans mon coin. Sans avoir à rendre des comptes aux autres.



C'est ça la liberté ?


C'est une forme de liberté. Mais, dès qu'on commence à faire quelque chose, on se crée des contraintes aussi. Il n'y a vraiment que la paresse... et encore. Non, c'est beaucoup de travail. Je ne sais pas si on est toujours libre au travail.


Quelle sera votre première pensée quand vous monterez sur scène le 13 septembre pour créer ce nouveau spectacle ?


Enfin !


Et vous allez vous faire plaisir...


C'est l'aboutissement de tout ce travail. L'album était dirigé vers la scène. Toutes ces chansons, cette préparation... C'est beaucoup beaucoup de préparation pour arriver, avec toute cette organisation, à créer du désordre.


On ne peut pas créer de désordre sans avoir beaucoup travaillé avant.


Non, parce que, sans ordre préalable, il n'y a pas de désordre. Du désordre sur du désordre, ça n'amène à rien du tout.

Merci Thomas.


Pour suivre l'actualité de Thomas Fersen: https://www.thomasfersen-officiel.com/


Merci à Geneviève Dichamp du Théâtre Montansier et à Annaig Harnois de Astérios. Propos recueillis par #PG9



Rendez-vous le 13/09/2019, 20h30 au Montansier de Versailles. Informations ici


Si vous ne pouvez pas être sur place, rassurez-vous, le concert sera retransmis en direct sur Fip!


Le troisième tome de notre dossier sur la saison du Montansier sera consacré au spectacle "La République des Abeilles" de Céline Schaeffer créé cet été au festival d'Avignon et qui sera joué Mercredi 16 Octobre à 15h. Informations ici




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