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[Rencontre] Nach. Audace, liberté & “aventure”!

Mis à jour : mai 3


Nach par Maud Chalard (c)

D’une personnalité affirmée et généreuse, Nach trace sa route avec sagesse et liberté. La sagesse de quelqu’un qui réfléchit, construit, travaille et qui, à partir de là, peut prendre des risques: il est plus facile de se tenir en équilibre sur des fondations solides que sur des sables mouvants... et quand on prend appui, on peut aller plus loin, plus haut. C’est ainsi que, libre quand elle est sur les routes, mais entourée des bons conseils de sa famille d’artistes, Nach est partie à “l’Aventure”. Suivez-la sur le chemin de ses créations... Une chevauchée musicale fantastique toute en fantaisie poétique. Bon voyage!


Nach par Maud Chalard (c)

Bonjour Nach! La dernière fois qu'on s'était parlés, c’était à propos de Fip et vous aviez conclu par ces deux mots “audace et liberté”...


J'en parle toujours autant...


Un 3ème mot entre dans le même registre, c'est le mot “aventure”, comme le titre de votre nouvel album... Mais, on va commencer par parler du Chant, parce que vous en parlez très bien. Le chant est-il une aventure aussi ?


Découvrir sa voix, ça n'est pas anodin. On dit souvent qu'elle est le reflet de l'âme et je pense que c'est pas forcément faux. Découvrir sa voix, essayer de la dompter, ça fait partie de la rencontre avec soi-même. C'est une vraie aventure. Ca n'est pas forcément inné. Il faut chanter, parler, expérimenter pour la découvrir vraiment.


Vous-même, vous l'expérimentez comment ?


J'ai beaucoup chanté quand j'étais jeune, suivi pas mal de cours de chant et j'ai fait du lyrique. Les deux ans de chant lyrique m'ont vraiment appris à connaître ma voix, à l'explorer. Je me suis rendue compte dans quelle tessiture j'étais, jusqu’où je pouvais aller. Ca m'a vraiment ouvert beaucoup de portes en fait...


Vous avez fait beaucoup d'exercices assez techniques?


Oui. Au début, la première année, j'ai vu mes limites. Il y a des notes sur lesquelles je ne pouvais pas aller. Et puis, avec le travail, j'ai réussi à avoir de plus en plus de notes, à aller de plus en plus haut. C'est une gymnastique, la voix est vraiment un instrument. C'est un muscle, donc il faut s'entraîner... C'est comme faire du sport.


Sans la brusquer...


Non, c'est ce qui est intéressant aussi d'ailleurs. Souvent, des amis me demandaient un cours de chant et je disais oui, parce que je trouve ça sympa. La première chose que je leur demandais avant de faire des gammes, c'est de venir avec un morceau qu'ils aiment et je leur faisais travailler le texte. L'interprétation amène aussi à ça. Pour bien interpréter une chanson, avoir des sensations de voix, aller plus loin et en fait pour bien chanter, il faut bien comprendre ce qu'on a envie de dire. J'ai l'impression que c'est ça aussi bien chanter. Ca n'est pas que de la technique en fait.


Transmettre du sens et le sens habite le chant...


C'est ce qui nous donne envie d'aller plus loin et permet de transcender le propos.


Sur cet aspect-là, on est plus sur l'écriture ou sur la musique ?

Nach par Maud Chalard (c)

Les deux. Pour moi c'est une fusion, c'est une même chose. Il y a bien sûr beaucoup de paramètres dans une chanson : la composition, le choix des instruments, les arrangements, les mots, la voix... il y a énormément de paramètres, mais au final, ça devient une seule et unique chose. C'est comme un film. Il y a le décor, le casting, le scénario, il y a beaucoup de paramètres mais au final c'est un film qu'on regarde. Pour moi une chanson, c'est pareil, c'est une unité : le mot est indissociable de la mélodie et de la composition. Ca devient une seule chose au final.


Vous avez voulu en faire un film tout de suite d'ailleurs...


Je voulais illustrer cinématographier ces chansons parce que je me suis aussi rendue compte que l'Aventure retraçait vraiment plein de petites aventures de la vie d'une femme, plusieurs époques de sa vie. Et puis, les arrangements de l'album sont très cinématographiques, assez orchestraux, donc je me suis dit que ça se justifiait d'avoir une image cinématographique plus que clip.


Quand vous imaginez une chanson, qu'est-ce qui vous vient en premier?


Quand je commence à avoir une chanson, un peu le texte, la mélodie... Que j’ai le sentiment que je vais attraper un truc, je pense au moment où je vais le chanter aux gens en fait. Les chansons que j’écris partent de moi, mais dans mon attention et mon intention, je les envoie vraiment vers les gens. J'ai envie que ça sorte de moi mais que ça soit vraiment destiné aux autres. Je ne les fais pas pour moi. Je n fais pas une chanson pour être fière de moi. Je veux l'écrire pour les gens... Elles leur sont vraiment destinées.


Du coup, ça veut dire que vous travaillez vraiment sur la lisibilité de vos mots, de la musique et de tout ce que vous faites autour... Pour le rendre sensible ? Intelligible ?...


Les deux. Je pense que ça ne peut être sensible que si c'est intelligible. Les choses qui me touchent quand je les comprends. Après, ça provoque une émotion. Il faut que ça soit intelligible pour que ça soit sensible en fait.


Du coup, comment préparez-vous la scène?


Nach. Photo: #PG9 (c)

Pour l'instant, j'ai deux phases. J'ai commencé piano-voix parce que j’ai voulu tenter l’aventure d’oser être moi, de délivrer mes chansons de la manière la plus pure possible, la plus sincère. Je me suis donc dit, je vais faire un spectacle piano voix. J'ai commencé le 2 mai, j'ai fait pas mal de dates et je continue. En 2020, je vais passer en électrique avec un groupe orchestral pour accompagner cet album. L'idée, c'est vraiment d'être dans la sincérité et dans la parcimonie, de faire des arrangements qui ont du sens. Si je mets des cordes à ce moment-là ou un pied, c'est que ça un sens. J'ai envie de trouver du sens dans l'orchestration de mon live.


Vous n'êtes pas dans l'effet, vous êtes dans le sens. Racontez-moi SVP comment s'est passée la première, qui si je ne dis pas de bêtises était à Nantes, à la Bouche d'air...


C'était incroyable. Un des plus beaux concerts que j'ai faits de ma vie pour le coup. C'était la 1ère date, je me disais, un peu d'indulgence si ça se trouve, ça va pas être parfait et d'ailleurs c'était sûrement pas parfait mais ça n'est pas grave. C'était en piano-voix devant 500 personnes, les gens connaissaient déjà des chansons alors que l'album n'était pas encore sorti - j'avais sorti des petits lives de quelques extraits. Je sentais que les gens attendaient, donc j'étais hyper contente, et ça s'est très très bien passé. J'étais rassurée aussi, parce que c'est un vrai risque de se lancer dans un concert piano-voix. La plupart des gens aujourd'hui, ils ont au moins des boucles électroniques... Je me suis dit non, j'ai envie de quelque chose de radical et d'assez aventureux, qui ne me mette pas forcément en confort, qui me pousse à être la plus sincère possible. Quand je suis sortie de scène, les gens étaient enthousiastes. Ca m'a vraiment fait du bien. J'ai suivi mon instinct, j'avais bien fait.


Le concert est un chemin particulier, qui raconte une histoire particulière?


J'ai vraiment scénarisé les enchaînements. Je fais tous les morceaux du nouvel album, mais aussi des morceaux de l'ancien. Pour que les gens rentrent dans cette aventure, j'ai fait en sorte qu'on comprenne vraiment les résonances. Par exemple, dans mon nouvel album, la chanson “Le bon moment” parle de maternité et j'ai un autre morceau qui s'appelle “Dans les yeux de ma mère” qui parle de la rétrospective de sa vie. Dans le concert, je fais la première en disant que j'ai envie d'être maman et après je joue “Dans les yeux de ma mère”. La résonance est directe... Ca raconte vraiment une histoire en fait.


Quelle est l'émotion centrale de “l'Aventure”?

Nach par Maud Chalard (c)

Je pense que c'est “Oser”. J'arrive au piano, seule. Je fais tout le concert, seule. La plupart du temps les gens à la fin du concert me disent: “c'est incroyable, vous êtes toute seule... c'est osé: vous n'avez pas peur!” Et puis, ça donne envie aux gens aussi d'oser. Ils participent beaucoup plus au concert, ils ont envie d'être avec moi de me supporter. C'est fédérateur et je pense que ça donne confiance d'une certaine manière à tout le monde. Les gens se disent “personne n'est parfait, on est comme on est”. J'ai envie de véhiculer aussi cette notion qu'on n'est pas parfait et que ça n'est pas grave, que ça n'est pas pour ça qu'il ne faut pas qu'on s'aime et qu'il ne faut pas oser faire des choses un peu folles quoi...


Une solidarité du coup se créée entre la scène et la salle, c'est ça ?


Exactement


C'est joli. Et ça nous amène au dernier point qui est la vie... Comment va la vie ?


Bien ! Très bien. Parfois magnifique, parfois triste, angoissante, parfois exceptionnellement géniale... C'est la vie en fait. Elle va bien, comme elle est. J'essaie d'être de moins en moins dans l'attente et de plus en plus dans le moment présent. Tous les petits cadeaux que j'ai, que la vie m'envoie, je les prends et je les accueille avec bonheur. Tout le reste, il faut faire avec de toutes façons... J'essaie de me concentrer sur les choses positives et lumineuses. Je pense qu’on est plus heureux quand on arrive à faire ça. Ca n'est pas toujours facile à faire, mais c'est un bon exercice pour se sentir de mieux en mieux.


Cette recherche de simplicité rejoint ce que vous êtes en train de tenter avec le piano voix.


Exactement. Je pense que la sincérité justement, c'est très important et très fort. Il y a un dicton qui dit : “garde la douceur, voilà l'énergie”. Je pense que c'est un peu comme la simplicité, on peut parfois dénigrer en disant c'est un peu simplet, bisounours, mais ça n'est pas vrai. Je pense que c'est très puissant la simplicité, la douceur. C'est beaucoup plus puissant et complexe qu'on ne le pense. C’est inspirant, bienveillant et ça élève aussi, je crois beaucoup en ça.


Un petit mot pour conclure ? Comment s'annonce l'été?

J'ai un gros projet le 7 juillet à la Fondation Good Planet de Yann Arthus Bertrand. J'ai monté une association “La Voix Verte” pour créer un festival artistique, écologique et social dans mon village à côté de Paris et c'est le lancement de l'association à la fondation. Je vais faire un concert dans la nature, un atelier pendant une heure avec les gens pour écrire une chanson avec eux. Il va y avoir un échange avec des femmes artistes engagées, avec la chanteuse Corine, avec Coucou les Girls de Laura Domenge il y aura Zeina Abirached, une grande artiste de BD qui a fait “Le piano oriental” ou “Prendre refuge”. Elle donnera un cours de dessin autour de l'aventure. Je suis très contente de faire cet événement-là. On projettera mon court-métrage aussi. C'est une grande journée qui va être assez exceptionnelle sur le thème de l'aventure !


Merci à Nina et à Adrian de Polydor - Universal. Propos recueillis par #PG9


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