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[Rencontre] “Elevation”. Guillaume Perret à l’écoute des étoiles

Mardi 25 septembre 2018 au Grand Rex - Paris, le générique de fin de l’incroyable voyage de Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale raconté par Pierre-Emmanuel Le Goff dans son film “16 levers de soleil” commence... Le son d’un saxophone emplit la salle et le voyage continue, porté par les notes d’un créateur sonore sans égal: Guillaume Perret. 3.000 personnes se lèvent pour acclamer l’aventure de toute une équipe. Les choses ne pouvaient pas s’arrêter là! Les projections du documentaire continuent partout dans le monde, et, parallèlement, un projet musical a pris forme: “Elévation”. Prêts au décollage? Bonne lecture!


“Elévation” résidence au Théâtre de Cornouaille - Quimper (c)

Bonjour Guillaume. Enchanté. J'ai eu la chance de voir l’avant première de “16 levers de soleil” au Grand Rex. Quand vous êtes arrivé avec le saxophone sur scène, toute la salle s’est envolée avec vous...


Bonjour Philippe. Oui, tout était magique ce soir-là.


On parle de vous comme d’un extra-terrestre qui produit des OVNIs musicaux. Pierre-Emmanuel Le Goff a bien fait de vous confier la BO de son film!


Disons que je fais les choses à ma manière, comme beaucoup d'artistes et j'ai un peu trouvé ma couleur, c'est sûr... Une manière particulière de travailler le son, le saxophone... Ca donne un univers qui est assez propice pour tout ce qui est l'idée du voyage, de la musique de films, des choses assez épiques aussi. Pour le domaine de l'espace, ça collait plutôt pas mal.


Votre musique nourrit énormément l'imaginaire. De quoi vous nourrissez-vous vous-même pour composer ?


Souvent, je pars d'une vibe, par exemple, le morceau “Into the infinite” que Thomas Pesquet a pu enregistrer dans la station, je me suis vraiment imaginé au milieu de l'infini en train de regarder par un petit hublot dans une boite de conserve en orbite autour de la terre, d’observer le vide, l’espace... et puis de là sortent des matériaux que je travaille d’abord, que j'explore après. J'ai beaucoup musiques qui sont nées de spectacles, de danse, de chorégraphies ou de musique à l'image parce que ça m'aide et que ça donne une direction en fait. Ca donne un rythme, une esthétique, un contexte... Ca m'inspire beaucoup pour que les mélodies viennent d'avoir tous ces éléments


Vous travaillez comme un comédien en fait, vous vous plongez dans un univers et vous en cherchez les émotions?


Exactement. Pour mieux les extrapoler ou les communiquer...


A part en tant que musicien, avez-vous fait de la scène, du théâtre?


Non! C'est vraiment la musique. Je serais affreux comédien, je pense... Je le sais! Je ne suis pas du tout à l'aise si je n'ai pas mon instrument, à moins que je parle de quelque chose que je connais, si je fais une conférence quoi. Je n'ai pas de problème pour m'exprimer devant des gens quand je sais où ça va. Par contre, jouer un rôle, avoir des expressions de visage... Impossible.


Votre médium, c'est la musique, le saxophone ? C'est le véhicule de vos émotions ?


Oui, complètement. Là, par contre, c'est pas de soucis. Disons que je fais vraiment corps avec mon instrument, même mon pédalier, tout ça on se fond, on devient une espèce d'entité, une sorte de tuyau pour envoyer un peu de toute sorte d'émotion.


Vous cherchez l'unité avec ce que vous générez musicalement?

On cherche l'unité partout. D'abord, on cherche l'unité avec soi-même, son instrument, son installation. Après, on va chercher l'unité avec les autres musiciens parce qu'un groupe qui joue vraiment ensemble sur l'énergie, on est comme un vol d'oiseaux dans le ciel. On tourne ensemble sans se regarder, on sait où ça va et on n'a pas besoin de communiquer beaucoup pour prendre des virages tous ensemble. Après, je cherche aussi l'unité avec le projet, donc pour une musique de film ou de la danse, il faut qu'on fasse corps aussi. Tout doit être unité. Pour ensuite faire unité avec le public également, qu'on soit tous ensemble, pour aller le plus loin possible.


Vous avez besoin de beaucoup de temps pour assimiler les émotions avant de créer ?

Je fais de la musique, justement parce que je suis particulièrement réceptif à ce truc-là en fait. Je capte donc assez vite comment transposer une émotion. Je crois capter assez vite quelle émotion on cherche à donner à un projet. Après, il arrive qu'on se trompe. J'ai déjà composé des musiques pour des pièces où le réalisateur ou le metteur en scène m'orientait vers une autre direction. Je n’avais pas forcément pris la bonne. Des fois on a une idée de musicien et on s'éloigne de l'idée du spectacle en général. C'est intéressant pour ça de travailler avec d'autres formes d'art parce que ça permet de prendre du recul et on peut se tromper...


Là vous jouez à Rennes Samedi 9 mars ? Qu'allez-vous présenter là-bas ?


Pour enregistrer les musiques de “16 levers de soleil”, j'ai embauché trois musiciens (Yessaï Karapetian - claviers, Julien Herné - Basse, Martin Wangermée - batterie), et ça s'est plutôt bien passé. J'ai voulu continuer à travailler avec eux. On a remanié pas mal de morceaux issus de la BO plus des nouvelles choses qui se sont rajoutées et ça a donné lieu à un projet que j'ai appelé “Elévation”. On va sortir un album du coup en septembre. C'est une continuité de ce projet-là...


Destination les étoiles...


Normalement oui.


La formation tourne depuis combien de temps comme ça ?


C'est assez récent, on a travaillé sur la musique du film il y a à peu près un an. Il y a eu juste quelques dates à l'automne et, surtout, deux résidences. On a fait une date parisienne à la Maroquinerie qui était vraiment chouette, pour une première présentation du quartet. Là, on sort d'une résidence à Quimper et on vient d'enregistrer pendant 6 jours en studio pour un nouvel album. Le projet va véritablement se lancer début septembre. Mais d'ici là il y a quelques dates. Tout le contenu est déjà là, le show lumière est calé, le son... On a travaillé en équipe.


Donc, c'est un peu une avant-première pour les gens qui seront à Rennes ou à Quimper...


Carrément !


Je vous souhaite une très belle soirée, un très beau concert et on se reparlera en Septembre !


Merci à Pierre-Emmanuel Le Goff de La Vingt-Cinquième Heure pour la mise en contact. Propos recueillis par #PG9


Prochains concerts de “Elévation”:


Samedi 9 Mars 2019, 19h: Jazz à l’étage #Rennes https://www.jazzaletage.com/Guillaume-Perret-160.html

Mardi 12 Mars 2019, 20h: Théâtre de Cornouaille #Quimper http://www.theatre-cornouaille.fr/component/flexicontent/item/884-elevation?Itemid=213



www.guillaume-perret.com






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