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[Plonger dans l’âme de...] Serge Hayat, producteur. Dompteur de rêves

Le parcours que vous allez lire ci-après est fascinant. Serge Hayat est aujourd’hui un des financeurs les plus importants du monde de l’audiovisuel et du cinéma en France. Il a construit par lui même son chemin dont sa famille ne souhaitait pas qu’il prenne cette tournure, il a su contourner les interdits avec subtilité et une redoutable intelligence. Une des plus grandes écoles d’ingénieur, puis de commerce, une éclatante réussite dans le monde des entreprises l’ont conduit aujourd’hui à être totalement libre de faire ce qu’il aime: travailler pour le cinéma, raconter des histoires épiques aux gens, produire des films qui contribuent à améliorer le monde. Suivez le fil de ses mots et laissez-vous bercer par les images... Bon voyage!




Bonjour Serge ! Enchanté. Vous êtes aujourd'hui un personnage important du cinéma et de l'audiovisuel. Au fond, j'ai une seule question à vous poser... Qu’est-ce qui vous plaît avant tout dans un film: le travail qu'il faut faire pour le faire, l'oeuvre en elle-même, son rapport au public ou son économie (l'ingénierie financière) ?

Bonjour Philippe. Je pense que, comme tous ceux qui travaillent dans ce milieu-là, ce qui nous plaît et nous motive le plus, c'est d'abord l'oeuvre elle-même. Et, en ce qui me concerne, c'est aussi son rapport au public. Le secteur du cinéma, j'en rêvais depuis le lycée, mais une forte volonté parentale a fait en sorte que je ne puisse pas le faire, du coup j'ai fait des études d'ingénieur, puis grande école de commerce... et en fait je ne suis arrivé que très tard dans ce milieu du cinéma puisque j'y suis arrivé il y a seulement 15 ans. C'est un milieu très difficile à pénétrer. J'y suis parvenu plutôt par le prisme financier. Les gens me perçoivent donc souvent d'abord sous cet angle. En réalité, je suis entrepreneur depuis toujours. Je n'ai même jamais été salarié nulle part, à part le Groupe Essec où je donne des cours depuis près de 30 ans. Du coup, moi, ce qui m'intéresse avant tout, c'est l'oeuvre et le rapport au public est très important, parce qu'une œuvre est faite pour être vue et l'ingénierie financière, c'est vraiment juste une opportunité qui permet de faire en sorte que des choses arrivent. Elle a, de fait, pris énormément de place ces dernières années parce que les projets sont très compliqués à monter et ça a coïncidé un peu avec le moment où je suis rentré dans le secteur.


Avec les dimensions nationales et internationales


Absolument. La dimension internationale complique tout dans un milieu où à l’international, pour le coup, l'ingénierie financière n'est pas récente. Ca fait longtemps que par exemple aux Etats-Unis les montages financiers sont complexes.


On va revenir au tout début. En fait, vous avez toujours rêvé de faire du cinéma...


Oui. Ce qui a toujours été dans ma tête, c'est de porter des histoires qui plaisent au plus grand nombre et qui peuvent influencer la vie des gens, comme ça a été le cas pour moi.


“Comme ça a été le cas pour vous”... Quels films en particulier vous ont marqué ?

Il y en a plusieurs. L'un des premiers films, c'est “Les 10 commandements” de Cecil B. de Mille, que j'ai vu en pas en 1ère exclusivité bien sûr parce que c'est un film de 1956 ! Le côté grandiose du film, les effets spéciaux qui, pour l'époque, étaient juste incroyables, transportaient littéralement mon imagination. La saga d' “Autant en emporte le vent” aussi qui est encore ancienne. Et je me dis que ce sont des films qui repassent, que les gens revoient et dans lesquels il y a des répliques dont les gens se souviennent. Leur audience est totalement universelle. Ensuite, bien sûr, il y a d'autres films plus contemporains, que j'ai vus en première exclusivité : “le Parrain”, “Il était une fois en Amérique”... Voilà, ce genre de films qui pour le coup, vraiment, ont été très importants pour moi.


A chaque fois vous parlez de films qui ont un vrai souffle, qui sont des films épiques...


Oui, ce sont des films épiques parce que, je ne l'ai compris que beaucoup plus tard, dans chacun de ces films, on décrit beaucoup plus que l'histoire qui est racontée. On raconte vraiment les trajectoires individuelles de personnes auxquelles on peut s’identifier qui vivent dans un monde, dans un éco-système, dans lequel ils doivent trouver leur place. C'est là que naît le souffle en fait. Quand vous racontez l'histoire de personnes qui traduisent l'évolution d'un monde global, ça devient très intéressant. Le parrain, avec le rêve américain, c'est extraordinaire.


Ce que vous me dites me renvoie au théâtre et à Wajdi Mouawad avec, par exemple, “Incendies” qui a été transposé à l'écran par Denis Villeneuve. On est dans ces enjeux.


Oui, tout à fait. On est là-dedans.


C'est donc ce souffle du cinéma qui vous a porté et vous a donné l'ambition d'aller loin. Vous avez fait un très grande école école de commerce, l'Essec et aujourd'hui, vous avez fait beaucoup de choses, vous avez un certain nombre d'associés et d'entreprises avec lesquels vous travaillez...

En fait, j'ai pas mal évolué dans ce que je voulais faire. Au départ, je voulais être producteur. Un producteur artisanal, comme David Selznick, le producteur d' “Autant en emporte le vent” et des premières films d'Hitchcock. Sa manière d'aborder les métiers de la production est extrêmement entrepreneuriale, elle pourrait presque s'apparenter au rôle qu'a aujourd'hui un show runner dans une série. Il portait littéralement le film d'un point de vue artistique et financier, à tous les niveaux. C'était le vrai auteur du film en fait. Le vrai auteur de “Autant en emporte le vent”, c'est lui. Bien sûr adapté du roman de Margaret Mitchell, mais c'est son film. Il a eu plusieurs scénaristes, plusieurs réalisateurs, des acteurs incroyables, mais néanmoins, c'est son film. Le métier de producteur, sous cet angle-là, me faisait rêver. Force est de constater que, aujourd'hui, il y a peu de producteurs qui travaillent comme ça. Il y a eu Claude Berry. Mais je serais bien en peine de citer aujourd'hui un équivalent en France et même aux Etats-Unis d'ailleurs. Par ailleurs, le métier a beaucoup changé aussi en terme de rapport aux talents et au financement. Le métier de producteur est très souvent pris en étau entre les exigences des talents d'une part et les exigences des financiers d'autre part. Du coup, c'est un métier très dur et assez ingrat en fait : on prend beaucoup de coups et on n'a pas tant de récompenses que ça, en tous cas de mon point de vue. Mon caractère m’a donc un peu éloigné de ce métier-là.


Aujourd'hui, j'ai plusieurs activités. La première c'est que je finance des films par le biais d'une Sofica, un produit financier défiscalisé. Là, on n'est pas très proches du contenu en réalité, puisqu'on nous apporte des projets déjà packagés. Nous décidons seulement d'investir dedans ou pas avec tel ou tel type d'ingénierie financière. L'attrait que j'y vois, c'est que c'est un observatoire immense du marché du film français puisque je dois recevoir 180 projets par an sur les 230 qui se montent ! C'est beaucoup. Ensuite, j'ai une deuxième activité qui est d'être associé de Federation Entertainment, producteur de séries télé essentiellement. Là, pour le coup, je me rapproche un peu plus du contenu, avec une équipe formidable, bien sûr sous l'égide de Pascal Breton qui l'a créé. J’y interviens dans la stratégie, dans la finance, tout en étant plus proche du contenu. Je le fais aussi à travers Echo Studio où je suis au quotidien encore plus présent puisque c'est une start up. Nous l’avons montée avec Bonne Pioche (Yves Darondeau et Emmanuel Priou qui avaient produit “la Marche de l’Empereur”) et avec Philippe de Bourbon, un ancien de Canal. C'est une société qui produit et distribue des films engagés, à message social et environnemental sur les grands enjeux de la planète dans le but de défendre des causes, les faire ressortir, faire en sorte que les gens en parlent. Le film est le vaisseau amiral pour porter une cause, mais le vrai sujet, c’est la cause. On en revient à ce qu'on disait au début, c'est à dire que ce qui m'intéresse aussi dans le cinéma ou dans le produit audiovisuel de manière générale, c'est qu'il puisse influer sur les actions des gens.


Vous avez 3 piliers complémentaires les uns des autres.

J'en ai même un 4ème. Comme j'aime beaucoup raconter des histoires et, c'était votre première question, l'oeuvre a aussi une grosse importance pour moi, j'ai résolu ma propre relation au métier de producteur idéal, tel que je l'ai décrit tout à l'heure, en commençant à écrire des romans... Le premier, “L'Empire en héritage”, est une uchronie. Je raconte le destin imaginaire du fils de Napoléon. Pourquoi lui? Parce qu'il y a énormément de livres qui existent sur Napoléon, il y en a plus que le nombre de jours qui se sont écoulés depuis sa mort le 5 mai 1821 ; mais il n'y a quasiment rien sur son fils, l'Aiglon. Je trouve le parallèle étonnant : un homme qui a l’un des destins les plus grandioses de l'Occident ; et son fils dont quasiment personne ne parle. Il est mort à l'âge d'une vingtaine d'années, de maladie, après avoir été emprisonné à Schönbrunn et en disant : “entre ma naissance et ma mort, il n'y aura eu qu'un grand zéro”... Je trouve ce destin totalement tragique et je me suis intéressé à ce qui se serait passé s'il avait pu s'évader, sachant que dans la réalité il y a eu des opportunités d'évasion qui n'ont pas eu de suites. Ca me permet à la fois d’écrire un roman d'aventure mais aussi de m'intéresser à ce que c'est que d'être un adolescent un peu paumé qui a un nom impossible à porter, dont l'environnement attend beaucoup, parce qu'il devait être Napoléon 2, alors qu'en fait, ça n'est pas forcément pour lui et qu'il n'en a pas forcément très envie. On parlait de projets épiques, on se retrouve un peu dans la même situation, c'est à dire qu'a travers l'histoire de ce destin raté, j'explore en fait ce que c'est qu’un adolescent qui risque de s'engager à vivre une vie par procuration parce que les gens attendent de lui des choses... Comment faire pour savoir ce qu'on a vraiment envie de faire, qui on a vraiment envie d’être ?


C'est très contemporain comme questionnement.


Exactement. Les types de films que j'aime sont des films dans lesquels la portée est beaucoup plus importante que l'histoire. On projette juste une histoire dans une arène donnée mais cette histoire en fait est beaucoup plus large que ça. Pourquoi j'écris des romans et pas des scénarios ? La raison est très simple : je sais que c'est extrêmement compliqué de monter un film, une série et que ce n'est pas parce qu'en une quinzaine d'années j'ai acquis un joli réseau dans le milieu que les films se montent facilement. Personne ne va vous rendre service en montant votre film sous prétexte que vous êtes un copain. Les films coûtent trop cher. Du coup, le roman a l'avantage de ne dépendre que de moi. Je me suis donc dit, je vais écrire un roman, parce que quoiqu'il arrive il sera publié. Il se trouve que j'ai eu la chance d'avoir un joli éditeur, Guillaume Allary, puis Pocket, mais et même si je n'avais pas eu d'éditeur, je me serais auto-publié à compte d'auteur et le roman aurait existé... indépendamment des circuits traditionnels de décision, des diffuseurs etc.


Parmi les projets que vous êtes en train de développer sur Echo, il y a des choses dont on peut éventuellement parler ?

Bien sûr. On a 6 films en cours de fabrication, dont certains sont déjà terminés. 5 documentaires et une fiction. La fiction, c'est un film sur l'esclavage moderne “Buoyancy” de Rodd Rathjen qui vient d'être présenté à la section panorama de Berlin où il a eu deux prix. C'est un film fort, de genre, qui raconte comment un garçon cambodgien va en Thaïlande pour trouver du travail parce que tout le monde lui dit que c'est l'eldorado. Il se fait embarquer sur les docks, sur un bateau qui va l'emmener en pleine mer sur les eaux internationales, et le débarquer sur ce qui est en réalité une prison flottante. Il ne quittera plus jamais ce bateau qui reste en mer et auquel des navettes apportent de l'essence... et d'autres enfants, puis repartent avec du poisson. Parce que le but de ces bateaux-là, c'est de faire de la pêche illégale en eaux internationales pour alimenter les produits pour animaux dans les pays occidentaux. Ces très jeunes esclaves dorment 4 heures par nuit, sont très mal nourris, bossent énormément, très vite, ils tombent malade ils n'ont plus de force et on les balance alors par-dessus bord. C’est une fiction parce que c'est très difficile de filmer ça dans la réalité. Mais c’est l’histoire vraie d’un de ces gosses qui s'en est sorti.

Autre film, un documentaire réalisé par Gilles de Maistre, le réalisateur de “Mia et le Lion blanc” sorti en décembre, qui s'appelle “Demain est à nous”. Gilles de Maistre s'est intéressé à tous ces enfants dans le monde qui veulent changer la planète et la manière dont les choses fonctionnent dans le monde. Donc, on suit les parcours de plusieurs enfants qui révolutionnent quelque chose dans leur ville ou dans leur pays. C'est un film chorale que Disney va sortir le 25/09. Il y a un autre film qui va être réalisé par Aïssa Maïga dont ça va être la première réalisation. C'est une actrice très engagée. Son film s'appelle “Marcher sur l'eau” et traite des problématiques de l'eau en Afrique, notamment au Niger. Pourquoi ce titre ? Parce qu'en fait au Niger, vous avez des étendues totalement désertiques, mais 300 mètres sous terre, il y a beaucoup d'eau. Simplement, les gens n'y ont pas accès. Dans certains villages les petites filles se lèvent au milieu de la nuit pour aller chercher de l'eau, de plus en plus loin à cause du réchauffement climatique, elles ramènent de l'eau qui souvent est impropre à la consommation ce qui fait que tout le monde tombe malade et puis bien sûr, elles ne vont pas à l'école puisqu’elles vont chercher de l’eau. Aïssa va filmer la vie d'un village avant, pendant et après le forage d'un puits qu'on va forer nous même avec l’ONG Amman Iman. Voyez, ça illustre bien ce que veut faire Echo Studio, c'est à dire traiter d’une problématique à la fois par un film et concrètement sur le terrain. C'est un documentaire que Disney devrait sortir au Printemps 2020. Nous avons un autre film sur la pêche électrique en Mer du Nord, cette fois-ci pour la télé. Il y a beaucoup d'enjeux, une bataille a été gagnée mais les élections européennes vont être très importantes pour l'interdire. Nous avons aussi un film sur la peine de mort aux Etats-Unis... Et un film sur des migrants qui quittent un camp de transit en Afrique et qui atterrissent complètement perdus aux Etats-Unis, c’est un vrai choc pour eux lorsqu’ils arrivent là-bas. Et nous avons beaucoup de films en développement.


Bravo. C'est magnifique...


C'est vraiment un projet qui me motive énormément parce qu'il a beaucoup de sens. Je ne sais pas si c'est l'âge qui veut ça, je ne crois pas d'ailleurs, aujourd'hui les jeunes sont beaucoup plus empreints de “doing good” que ce que j'étais moi-même à leur âge en tous cas.


De responsabilité sociale


Oui. Enormément.


En fait, au fond, on peut dire que vous avez construit dans votre parcours les moyens de faire aujourd'hui ce dont vous rêviez enfant.


C'est un très bon résumé. Je me suis beaucoup amusé dans ma première expérience professionnelle, j'ai créé, développé, vendu des sociétés, il se trouve que ça a marché, ayant eu cette chance -là, je me suis retrouvé avec les moyens de pouvoir faire ce que j'avais envie de faire. A partir de là, j'ai essayé de construire de la manière la plus proche de ce que je suis vraiment, les différentes activités. Tout en reconnaissant les choses pour lesquelles je n'étais pas fait. Mon souhait de départ, quand j'étais lycéen, était de devenir un David Selznick, finalement ça n'est pas pour moi.


Vous avez encore beaucoup de choses à faire. Vous n'avez pas fini !

Oui, mais à un moment donné, il y a quand même un principe de réalité. Où on se dit, par rapport à sa propre nature, qu'est-ce que je sais faire et qu'est-ce que je sais moins faire. Par exemple, je suis tout à fait ravi et c'est très excitant, d'être associé à Pascal Breton dans “Fédération Entertainment” qui produit les séries télé. Jamais je n'aurais pu faire à sa place ce qu'il a entrepris. Ca nécessite des qualités que je n'ai pas. J'en ai d'autres et c'est pour ça d'ailleurs qu'on s’est bien entendus. C'est important de savoir ce qu'on sait bien faire et moins bien faire.


Pour conclure, quel serait votre regard aujourd'hui sur la production cinématographique en France et en Europe ?


Je suis inquiet pour la production cinématographique française. Je ne suis pas inquiet d'un point de vue artistique, même si ça pourra venir plus tard, aujourd'hui, l'offre est là. Il y a de très bons scénarios, de très bons projets. Par contre, je suis inquiet quant à leur capacité à se monter. Pour une raison qui est très simple : en France, on a une industrie du cinéma dont on a fait en sorte qu'elle soit protégée par la télévision. On a demandé aux chaînes de télévision de préacheter des films, justement pour préserver le cinéma quand la télévision a commencé à se développer, notamment quand il y a eu la multiplication des chaînes. Ca a été formidable, parce que ça a sauvé le cinéma français, je le crois vraiment, surtout quand vous regardez les cinématographies des pays voisins. En même temps, ça nous a cornérisés. Aujourd'hui, le principal client du cinéma en chiffre d'affaires, c'est la télévision qui doit peser à peu près 40% des recettes du cinéma français. Or, aujourd'hui, la télévision a de moins en moins besoin de nos films. On peut essayer de ne pas y croire, mais c'est la réalité.


Aujourd'hui, les télévisions sont concurrencées par les plate-formes, elles sont concurrencées par beaucoup de modes de divertissement différents ; le temps de cerveau disponible, pour reprendre l'expression de Patrick le Lay de l'époque, dont dispose un individu devant sa télévision a drastiquement diminué. Et pour que les télévisions arrivent à s'en sortir, pour quelles acquièrent davantage de pubs et d'abonnés, il faut qu'elles diffusent des événements. Et les événements, ce sont des talk shows, une émission politique, bien sûr le sport et les créations originales que sont les séries. Mais ça n'est plus le cinéma. Pour une raison simple, le film de cinéma a déjà été vu beaucoup de fois avant de passer à la télévision. Donc, ça n'est plus, dans la quasi totalité des cas, un événement. Or, c'est ce dont la télévision a besoin. Et du coup, ça induit un énorme problème dans le financement des films, car la télévision est la première cliente du cinéma. Aujourd’hui, on oblige toujours les chaînes de télévision à financer des films, mais pour combien de temps ? Avez-vous vu les récentes déclarations de l'autorité de la concurrence, qui vise à libéraliser de manière hallucinante le secteur ? C’est inquiétant car, sans la télévision, on a du mal à monter les films. Il va bien falloir résoudre ce problème...


Que vous avez très bien décrit : la télévision a besoin d'événement et aujourd'hui, les films n'en sont plus...


Exactement. Et donc pour le cinéma, je ne suis pas optimiste. Et pour le cinéma français, je le suis encore moins. Parce que, ce qui nous a préservé jusqu'à maintenant et qui nous a donné un beau confort et une belle sécurité, nous a également dispensé d'aller chercher des solutions. Dans les pays voisins, les gens sont morts de faim pour faire un film, ils sont toutes dents dehors, ils vont faire le film à l'arrache, comme ils peuvent et de temps en temps ça va donner de bons résultats. Nous, grâce à toutes ces mesures on a une diversité extraordinaire du cinéma. Et en même temps on s'est peut-être un peu assoupis. Là, maintenant, il va falloir se réveiller.


Réveillons-nous tous ensemble, on est tous là pour se battre pour ça !


Et ça passe bien sûr par une relation différente aux plate-formes. En arrêtant de leur casser les pieds sur les sorties salles et par contre en leur mettant des obligations maximales de financement de nos productions productions.films... Il faut choisir ses combats.


Propos recueillis par #PG9


www.sergehayat.com






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