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[Plonger dans l'âme de...] Lillah Politzer. La valse de Lillah

Mis à jour : mai 11

Dans toutes les régions, il y a des personnes que l'on appelle des "personnes ressources"... Je voulais partir à la découverte des artistes du Morbihan et on m'a dit: "adresse-toi à Lillah (Politzer), elle connaît plein de monde!". J'ai donc pris contact, nous avons parlé de beaucoup d'autres choses -dont vous verrez le résultat plus tard- et de son parcours à elle. En ce joli mois de mai, vous allez pouvoir à votre tour savourer la délicatesse d'une jeune femme pleine de joie, d'idées et d'énergie qui doit sa vitalité à plusieurs héritages culturels ! Bonne lecture


Lillah Politzer. Photo: Natascha Politzer (C)

Bonjour Lillah! Nous allons donc partir à ta rencontre. Présentement, dans quelle ville es-tu?


Je suis à Lorient, ma ville natale. Je l’ai quittée quelque temps, mais j’y suis revenue. Je suis ici pour l'instant, avec le projet d'aller découvrir d’autres horizons bientôt...


Tu as quitté Lorient pour des études, du travail?


Dans un premier temps pour suivre mes parents. Mon père travaillait dans le cinéma, il a fallu se rapprocher de Paris. On est partis presque 10 ans. On est revenus ici pour ma première année de lycée. Après, j’ai commencé des études d'histoire de l'art à Rennes et je suis rentrée "à la maison" parce que je m'y sens bien.


Aujourd'hui, tu es comédienne, chanteuse... J'oublie des choses?


J’écris depuis très longtemps, des chansons surtout, et j'ai écrit il y a quelques temps mon premier spectacle. Je compose aussi mes mélodies. Je suis d'abord musicienne.


Tu peux me raconter d'où ça t'est venu? A quel moment tu as pris le goût, la curiosité, de l'art et de la création....


Je pense que ça m'est venu très tôt ! Je suis née dans une sorte de tourbillon artistique. Mon grand-père malgache maternel était professeur de musique. Il a enseigné à tous ses enfants un ou plusieurs instruments. Pour ce qui est de la musique, j'ai grandi là dedans donc, avec des gens qui dansaient autour de moi et un papa qui faisait lui aussi du violon à la maison. Du côté de sa famille à lui, l’écriture, le dessin et la peinture nous entouraient tous et se transmettent encore de génération en génération. Mes grands-parents sont dessinateurs, écrivains, peintres, sculpteurs… et mon père a lui aussi mille cordes artistiques à son arc. C’est un artiste complet ! Je me suis fortement imprégnée de sa plume et de toutes les disciplines artistiques qu’il maîtrise. C’était donc assez naturel pour moi de chanter et d’écrire depuis toute petite. J’ai commencé l’apprentissage des instruments par le piano à l’âge de 6 ans.


Et ta mère?


Elle était chanteuse et guitariste. Elle chantait dans le groupe "Les Simon" que mon grand-père avait crée en réunissant sur scène toute sa "tribu". Ils étaient douze sur scène, ma grand-mère y compris, à donner des concerts pendant des années sur des rythmes séga et maloya.


Les fêtes de famille devaient être très festives du coup!

Aurore et Lillah Politzer (deux soeurs à Madagascar) (C)

Oui ! Quand j’étais petite, ma famille "malgache" se réunissait souvent pour danser: ils organisaient des petits bals dans le salon... et nous, les enfants, on dansait avec eux, dans leurs bras ou entre leurs pattes ! Et puis il y avait les baptêmes, les mariages... En grandissant, on a pris l’habitude avec ma mère et mes sœurs de sortir les guitares et de chanter autour d’une table, avec les copains: un bon repas et des chansons quoi !


C'est naturel...


Oui. Tout le monde fait de la musique.


Tu as donc commencé par le piano?


Quand on est arrivés en région parisienne, j’ai commencé le piano et ça a duré 4 ans. Après, j'ai fait de la flûte traversière en Conservatoire quelques années, puis des percus mandingues et brésiliennes une fois revenue en Bretagne. Parallèlement à ça, je chantais déjà beaucoup, tout le temps et depuis toujours, mais sans jamais avoir vraiment appris à chanter.


Quand tu étais petite, qu'est-ce que la musique évoquait en toi?


Je crois que j’ai toujours aimé écouter énormément de musique. Dans ma chambre, pendant des heures, les mêmes cassettes et CD tournaient en boucle. J’écoutais beaucoup de chansons françaises, surtout les chanteurs à texte. J’ai eu toute une période Brassens qui me venait de mon père. Il nous en chantait souvent et on adorait ça. Lui, Barbara, Brel et les autres m’ont apporté le goût de la poésie, de la mélodie et de la langue française. Ça, ce sont les premières bases de ma culture musicale. En grandissant j’ai été très attirée par des musiques qui m’apportaient plus de groove, qui déclenchaient ce truc que je n’arrive pas à expliquer mais qui te donne juste envie de te balancer, d’hocher la tête et que tu trouves trop cool, trop bon ! La pop de Michael Jackson, le jazz de Billy Holiday, la puissance et la classe de Janis Joplin, celle d’Aretha Franklin, de Tina Turner, Stevie Wonder… et il y en a tellement d’autres! Ces influences me viennent certainement de ma mère et me font toujours autant kiffer aujourd’hui. De manière générale, quand j’écoutais de la musique petite c’était comme me plonger dans un super bouquin. Chaque chanson me racontait une histoire différente dans un décor différent ! Si j’aimais l’histoire, je me la repassais en boucle jusqu’à la connaître sur le bout des doigts !


Tu disais qu'ils sont d'origine malgache du côté de ta mère...


Oui, ils viennent de Diego-Suarez, au nord de Madagascar.


C'est très, très joli la culture malgache.


Oui en effet. Et finalement c’est une culture que nous, enfants, on ne connaît pas si bien. On n’a pas appris à parler la langue du pays mais ma mère nous a transmis la musique et les bons petits plats traditionnels. Un délice !


Donc le piano. Et puis la flûte, en tant qu'interprète. Aujourd'hui, tu composes aussi?


Je compose oui. La flûte et le piano sont un peu derrière moi. Apprendre à en jouer a certainement consolidé les bases de mon apprentissage mais contrairement au chant, qui était hyper naturel pour moi, c’était trop scolaire et ça me parlait moins. Beaucoup de contraintes, d’obligations... Je n'ai jamais ressenti autant de plaisir à pratiquer ces instruments qu’à chanter.


Tu n'es pas vraiment une rationnelle, tu es plus une émotive, sensible?...


Oui, bingo!


C'était assez facile! La structuration des choses, c'est pas ton truc ou...?


Si, mais dans d'autres domaines. Quand je suis dans une phase de travail, de construction d’un projet, ou quand il s'agit d'imaginer des choses qui doivent passer par une forme écrite, la structuration peut devenir un pilier auquel me raccrocher. Ça me rassure car j’ai l’impression de "maîtriser" ce que je fais à ce moment là !


On n'est pas dans la rationalité "pure": on est dans le fait de raconter une histoire. Au fond, c'est guidé par l'imagination. La rationalité est un filet derrière, mais le fil conducteur, c'est la sensibilité.


Dans ce cas là oui, l’expression est bien plus libre, moins cadrée.


Comment as-tu procédé pour ton spectacle?

"Mélodies Tempi" - Pol Abasq, Léo Habif et Lillah Politzer - Cie Labo Tempo - Répétition (C)

C'était la première fois, j'ai procédé de manière complètement intuitive. Au départ, c'est parti de la proposition qu’on m’a faite de réinterpréter un conte déjà existant. Mais tout de suite je me suis dit que j’avais envie de l’écrire moi-même ce conte. C'était l’occasion d'aller plus loin dans l'écriture. Je sentais que j'avais des choses à dire. Donc je me suis lancée sans savoir exactement où j'allais. Je savais combien de personnages j'avais envie de mettre en scène. Je savais que je voulais que ce soit un spectacle musical et théâtral qui s’adresserait d’abord aux enfants, mais les thèmes me sont venus au fil de l'écriture. J’ai écrit ce spectacle sur trois ans, alternant période d’écriture et périodes de recul. Je n'ai pas suivi de méthode. J’ai marché à l’instinct !


Tu as envie de faire naître quelque chose, de poser quelque chose de nouveau.


Ce n’était pas forcément l’idée de faire quelque chose de nouveau par rapport à quelqu'un ou à un genre... c'était plutôt de faire naître quelque chose qui sortait complètement de moi.


Ce spectacle s'appelle comment?

"Mélodies Tempi"...


Il tourne actuellement?


Ça fait à peu près un an et demi qu'on a commencé à le tourner. Pour la première fois, je suis sur scène dans un rôle de théâtre... La scène avant ça, je ne la connaissais qu'en tant que chanteuse.


Tu as auto décidé de devenir comédienne puisque c'est toi qui a écrit le spectacle!


Exactement. Et ça peut paraître assez étrange parce que je n'y avais pas réellement pensé avant. Ca n’avait jamais été un but pour moi. Je ne sais pas exactement comment ça s’est mis en place dans ma tête, tout s'est passé en même temps, au fur et à mesure de l’écriture. J'ai su, petit à petit, que j'avais envie de faire du théâtre.


C'est venu de toi même et tu as rendu possible cette envie.


Oui, finalement, et sans l’avoir vraiment conscientisée au départ.


Pour ça, vous avez créé une compagnie?


C'est ça. "Labo Tempo", une compagnie que l’on a basée à Lorient.


Le spectacle tourne depuis un an et demi, mais tu as mis un certain temps pour l'écrire...


Oui, j’ai pris mon temps. Je l’ai écrit en dehors du cadre d’une compagnie, je n'étais pas pressée par le fait de devoir proposer une nouveauté ou quoi que ce soit. C'est aussi parce que les choses que j’y ai mises avaient besoin de prendre leur temps pour être dites.

Les phases de travail avec les autres musiciens et comédiens se sont elles aussi étalées dans le temps. Tout s’est accéléré quand on a abordé la mise en scène et la scénographie, le point final de la création.


Tu défends une idée particulière dans ce projet?

Ce spectacle-là, finalement, parle beaucoup de résilience. Le thème s’est dessiné là aussi au fil de l’écriture. Les personnages veulent parler de ce qui nous traverse quand on perd quelqu'un de très proche. Ils racontent d’une certaine manière le chemin du deuil. L’enjeu était d'en parler aux enfants de manière poétique et métaphorique, décalée, pour rendre le sujet abordable. Et finalement, ce n'est pas du tout un spectacle triste ! Le metteur en scène, Guillaume Thiery, de la compagnie "Les Têtes d'affiche", a apporté un aspect assez clownesque à notre spectacle. Et ça marche très bien.


Vous l'avez joué déjà beaucoup de fois?


On l’a pas mal joué l’année passée, qui était d’ailleurs notre première vraie année de diffusion, et dans plein de contextes différents. C'était très chouette et plutôt enrichissant, les publics ont beaucoup varié: on a rodé les premières dates dans des contextes associatifs, devant des familles réunissant à la fois des tous petits, des parents et des grands-parents. On a joué dans des festivals jeunesses et d’autres plus familiaux. Et puis il y a eu aussi des représentations dans des salles et théâtres pour les scolaires et pour les tous publics. On a pu vraiment se rendre compte que ça marchait bien avec les enfants, que chacun percevait les thèmes du spectacle à sa manière, avec son propre regard, en fonction de son vécu.


Vous échangez avec le public à la fin? Les parents et les enfants viennent vous voir?


Suivant le contexte, il y a des échanges avec le public, mais ça dépend vraiment de la salle et de l’événement. Dans un théâtre, par exemple, on ne peut pas suffisamment vite revenir en devant de scène et les gens sont déjà partis! C’est d'ailleurs un peu étrange je trouve, cette sensation que tout s’arrête subitement à la fin du spectacle.


Que disent les spectateurs?

Les enfants nous disent souvent qu’ils ont trouvé ça rigolo. Ils nous parlent des moments qui les ont le plus marqués dans le spectacle. Ils nous questionnent pas mal sur les instruments, les décors et sur l’histoire. Ils ont souvent envie de tout comprendre. C’est arrivé que des enfants me posent des questions sur mon personnage comme si il existait réellement, je trouve ça génial ! Ils ne parlent pas forcément des thèmes à chaud comme ça, juste après la représentation. Ils vont plus être dans les émotions qu'ils ont ressenties, nous dire qu’ils ont trouvé que c'était beau, drôle, ou ci ou ça et pourquoi, plutôt que de parler du sens "profond" du spectacle. Ca nous est arrivé d'organiser avec eux des vrais moments d’échange et souvent c’est là que la discussion va plus loin. En sortie de scène, c’est souvent même les adultes qui nous parlent plus en détail du spectacle.


Et les adultes, comme tu disais, comprennent, lisent le spectacle. Ça correspond à ce que tu voulais dire?


Oui. Ils sont évidemment sensibles à la question du deuil. Comment est ce qu'on s'en sort, quels sont les moyens en notre possession pour nous aider à le vivre, à le traverser? Dans notre spectacle, la musique est au centre. Elle est la clef qui aide les gens à transcender cet état d’immense chagrin .


L'autrice est satisfaite alors?


Mais, oui, écoute. Complètement !


Ca te donne envie de continuer d'écrire?


Oui, tout à fait. Mais la prochaine étape pour moi sera plus musicale ! Un retour aux sources en quelques sortes. En ce moment, je travaille sur un projet plus personnel, autour de compositions que je n'ai jamais encore exploitées dans mes différents projets. C’est une démarche qui me tient à cœur: dévoiler mon son, mes chansons, en dehors du spectacle.


Tu seras seule?


Je ne sais pas encore exactement quelle forme ça va prendre, mais je ne pense pas que je serai toute seule sur scène non ! Là j’en suis à la phase où je fais le tri dans toute la matière que j'ai déjà. Je répertorie mes idées, les chansons qui sont écrites, les bouts de textes qui se baladent dans mes carnets, les mélodies, les gimmicks… pour avoir une vue d’ensemble et pouvoir mieux choisir la direction vers laquelle j’ai envie d’aller. Et puis bien sûr, je continue d’écrire et de composer en parallèle.


En quelle langue seront les textes?


Français et anglais. A une période, j'écrivais plus en anglais, mais je suis revenue vers le français parce que c’est ma langue natale et qu’il n’y a pas plus juste pour traduire ce que j'ai vraiment envie de dire dans mes chansons. En fonction du thème abordé, de l’ambiance générale du morceau, du style musical, le choix de la langue s’impose de lui même.


Tu parles de quoi dans ces chansons?


Ça va paraître assez cliché ! Et c'est une réflexion que je me suis faite pas mal ces derniers temps, mais je parles beaucoup... d'amour (rires)! WOW, c'est original!


Mais tu as le droit, il n'y a aucun problème... Le sujet est important...


A un moment je me suis dit, mais Lillah, tout le monde écrit des chansons d'amour, essaie de faire autre chose! Mais finalement si on en parle tous, c’est certainement parce que c’est que qui nous anime le plus! Donc pourquoi s’empêcher?! Et puis, je n’écris pas que sur l’amour… d’autres thèmes apparaissent évidemment dans mes chansons !


Tu composes comment?


Depuis toujours je compose tout dans ma tête. Souvent, la mélodie s’impose en même temps que le texte, même si depuis quelques temps ça m’arrive de travailler autrement, en isolant ces deux éléments. Ensuite, j’imagine des lignes d’instruments qui viennent habiller le corps de la chanson et c’est toujours dans ma tête que ça se passe. J’enregistre d’abord le texte et la mélodie, puis sur une autre piste les idées d’instrus, d’intros, de breaks... Là je vais commencer une autre phase de travail sur logiciel. Je vais pouvoir enfin exploiter tout ça d’une autre manière !


C'est dans la tête. Tout naît de toi, vraiment...


Oui, complètement. Après, je suis forcément influencée par des artistes que j’ai écoutés et adorés, mais ça, c’est la partie inconsciente de la création, que d’autres me révéleront peut-être en écoutant mes morceaux.


Le projet a déjà un nom?


Là, je pars pour une bonne grosse période de créa. Je le sens bien comme ça. Le nom du projet, je n’y suis pas encore..


C'est quel style de musique?


Ca n'est pas encore tout à fait défini. J'ai eu la chance dans mon parcours de croiser des gens qui avaient un gros bagage musical, très diversifié, et qui m'ont amenée à chanter dans plein de genres différents. Du coup, je me suis imprégnée de tous ces genres et ça m’amène à composer des chansons qui ont des couleurs parfois plus jazzy, soul ou funky, ou d’autres qui s’apparentent peut-être plus à un registre de chansons françaises... Je n’ai pas encore vraiment de fil conducteur dans ce projet. La prochaine phase de mon travail, sur logiciel, va certainement m’amener à mieux définir le son que je recherche.


Tu pars à la pêche et tu verras bien ce qui va se passer. J'ai écouté d'ailleurs et beaucoup aimé "Tanaw". Qui justement fait écho à ce que tu es en train de dire: un mélange de sons et d'univers très différents.

Tanaw (C)

Oui tout à fait. Sylvère Morisson, qui était à l'origine du projet, a marié plusieurs cultures musicales et mélangé sur scène des musiciens qui venaient d’horizons assez différents, ce qui apporté une réelle richesse à sa musique.


De tous les projets que tu as pu faire auparavant, y-en a-til un fondateur de ce que tu es aujourd'hui artistiquement?


Au delà des projets qu’on a eu ensemble, c’est une personne en particulier qui a été assez fondatrice pour moi, Alain Samson, un guitariste et chanteur que j’adore et avec qui j’ai commencé à chanter quand j’avais 16-17 ans. Pendant l’adolescence, je me suis mise à avoir un peu peur de chanter en public et c’est lui qui m’a amené tranquillement à "sortir de ma chambre"... On s’est rencontrés à une époque où ma mère organisait souvent des supers fiestas à la maison: il y avait toujours plein d’artistes dans les parages et c’était vraiment génial ! Pendant très longtemps, on se retrouvait tous les mercredis avec Alain et il me faisait chanter des chansons dans des registres hypers variés. A l’époque, on a monté un petit trio, "Soava Dia" avec une de mes sœurs, Aurore, et quelques années plus tard c’est le projet "Blue Val" qu’on a monté avec Vincent Porrot. Et du coup ce monsieur, j'aime à dire que c'est un peu mon deuxième papa. Mon papa de la musique quoi !


Lillah Politzer - Alain Samson (C)

Il va te conseiller sur ton projet?


Oui sans doute, je l'ai appelé il y a deux jours pour commencer à lui en parler, pour savoir comment il s'y prenait pour les prises de son, ce qu'il utilisait comme matériel, comme logiciel… C'est sûr qu'il sera une personne ressource pour moi ! Et sinon, ce que je suis aujourd'hui, c'est la somme de tout ce que j’ai engrangé au travers de mes différents projets.

Actuellement, je joue avec Florian Ebel un répertoire plutôt blues, rock, folk et soul dans le groupe "Shook Me". On reprend à notre sauce des musiques que j’adore depuis toujours mais que je n’avais jamais vraiment chantées sur scène. Du Led Zep, Aretha Franklin, Rufus Thomas, Tina Turner... et d’autres ! C’est un projet dans lequel je m’éclate vraiment ! J’adore jouer avec Florian. J’admire son jeu et il y a quelque chose d’hyper simple et de naturel dans notre manière de bosser ensemble !


Tu prends beaucoup de plaisir à chanter uniquement?


Oui, c'est vraiment de là que je viens. Le chant est ma structure de base, ma fondation. Il y a un truc particulier qui se passe en moi quand je chante. D’un coup je me sens vraiment à ma place. Rien d’autre dans la vie ne me déclenche autant cette sensation.


Ce qui te plait, c'est le fait de chanter en soi? Le rapport à un public, aux autres musiciens?

J'adore le rapport avec les autres musiciens ! Je n'aime pas trop l’idée du groupe où la chanteuse reste en devant de scène sans pouvoir vraiment "être" avec les autres. J’aime pouvoir les regarder dans les yeux et kiffer sur ce qu’ils sont en train de faire ! Parce qu’à ce moment là, la musique peut prendre une toute autre dimension et m’amener très très loin ! C’est vraiment ce que j’aime ! Partager la musique !! J'adore aussi dans les soirées faire chanter les gens, et même les gens qui ne chantent pas à la base. Je trouve ça génial !


Ca fait penser à ce que tu décrivais de ta famille, au fond, ce que tu es en train de dire, non?


Oui ! Il y a sûrement de ça ! Ce moment là où tout le monde y va, se met à chanter et à jouer, et qui fait qu’il se passe quelque chose de magique !


Ceux qui savent chanter, ceux qui ne savent pas, peu importe, ce n'est pas grave, toute le monde la fête ensemble.


Exactement. C'est quelque chose que j'adore, qu'on a fait plein de fois, qu'on refera toute notre vie... Avec les copains, c'est pareil! On est une super bande de potes du côté de Lorient à aimer faire la fête et à jouer, chanter et danser ensemble !


Y a t'il un projet que tu as pu faire qui a été important dont on n'a pas parlé?


Oui, "Blueval", le trio folk que j’évoquais tout à l’heure, avec Alain Samson et Vincent Porrot. C’était vraiment beau et ça m’a tenu à cœur! On commençait les répétitions en se prenant dans les bras et ça donnait le ton ce qui allait suivre. Après chaque morceau qu’on jouait, on se regardait avec des étoiles dans les yeux. On était toujours hyper heureux et émus de jouer ensemble. On composait nos chansons à 3 et il y a eu vraiment de belles choses...


"Blueval" - Vincent Porrot, Lillah Politzer, Alain Samson. Photo: Clochette Héméra (c)

OK. Parlons de toi comme comédienne... Sur "Mélodies Tempi", c'est la première fois que tu joues un rôle?


Je n’avais jamais été sur scène avant ça pour un exercice de théâtre. Il n'y a pas longtemps, j'ai fait un stage qui a été encore plus révélateur du goût que j'ai pour cette discipline. J'envisage d'ailleurs de m’inscrire à des cours pour vraiment apprendre à jouer... La musique est naturelle et évidente pour moi. Le théâtre c’est différent. Je ressens le besoin de structurer mes bases pour le coup.


Tu penses que cela va t'apporter quoi?


Ça va m'apporter peut être une certaine légitimité dans ce milieu-là et de la confiance en moi. Il y a de grandes chances que je réécrive des spectacles, je ne sais pas encore exactement sous quelle forme, mais j’y reviendrai c’est certain !


Tu disais que tu allais quitter Lorient...


Oui, c'est un projet! Ça ferait rire mes copains de m'entendre te dire ça, parce que je le dis souvent et que pour l’instant je ne bouge pas... Mais je sais qu'il faut que je parte à un moment, et que je vais le faire ! J’ai envie d'aller voir plus loin artistiquement, mais aussi pour l’aventure humaine que cela représente, pour aller à la rencontre de la nature, des paysages que j’ignore. Il est temps. Je dois passer le cap !


Tu sais où tu vas aller?


Je pense souvent savoir où j’ai envie d’aller... et la minute d'après je change d’avis. Rien n’est figé. Je crois que j’ai envie de commencer par une sorte de voyage en solitaire. Je pense à l'Islande. J'ai besoin de nature assez forte et de dépaysement total.


C'est un voyage ou un exil? Tu veux revenir à Lorient?


Je veux en partir et je verrai bien !


Bon voyage alors et à bientôt: tu nous tiendras au courant...


Propos recueillis par #PG9


Compagnie Labo Tempo


PS: le titre de ce portrait fait référence à "La valse des lilas (de mai)" de Michel Legrand reprise ici par Cécile McLorin Salvant (voix) & Sullivan Fortner (piano)




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